Réduction des risquesRaisonnement clinique

Salas de consumo: o que diz a evidência

Pansement adhésif dont la pellicule protectrice est partiellement retirée
Sommaire
  1. Qu'est-ce qu'une salle de consommation supervisée
  2. Ce que les études montrent sur l'overdose et la mortalité
  3. Infections, criminalité et ordre public
  4. Comment les salles fonctionnent, selon la revue réaliste
  5. Au-delà de l'injection et au-delà de la rue
  6. Ce qui change pour le clinicien
  7. Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
  8. Questions fréquentes
  9. Messages à retenir
  10. Références

Une femme entre dans une petite salle, propre et éclairée, prend du matériel stérile sur le comptoir et s'assoit dans l'une des cabines. Une infirmière observe de loin. Quelques minutes plus tard, la femme devient somnolente, sa respiration ralentit et ses lèvres commencent à bleuir. L'infirmière arrive avec de l'oxygène et de la naloxone, et la femme répond de nouveau avant que quiconque ait besoin d'appeler l'ambulance. La scène est fictive et a été écrite pour l'enseignement.

Ce texte porte sur les salles de consommation supervisée, aussi appelées lieux d'injection supervisée ou centres de prévention des overdoses : des espaces où la personne consomme des drogues obtenues ailleurs en présence d'une équipe formée pour intervenir si quelque chose ne va pas. L'objectif est d'examiner ce que les études montrent sur les overdoses, la mortalité, les infections, la criminalité aux alentours et l'accès aux soins. Si vous jouez le cas du jour sur NEXO, vous reconnaîtrez ce type de raisonnement : peser des issues différentes, séparer ce qui a été mesuré de ce qui a été estimé et comprendre le contexte avant de conclure.

Points principaux

  • Les salles sont des espaces où la personne consomme des drogues obtenues à l'extérieur, avec une équipe prête à répondre à une overdose.
  • Le modèle est apparu en Europe dans les années 1980 et existe aujourd'hui sur plusieurs continents.
  • À Vancouver, l'usage fréquent de la salle a été associé à une mortalité globale plus faible.
  • Des études menées aux alentours ont trouvé un trafic et des agressions stables après l'ouverture.
  • Les effets sur la population varient selon l'issue mesurée et le lieu.
  • La sécurité, la confiance et l'inclusion sociale apparaissent comme la voie par laquelle les salles fonctionnent.

Qu'est-ce qu'une salle de consommation supervisée

Une revue réaliste portant sur 391 documents a défini les centres de prévention des overdoses comme des espaces non résidentiels où les personnes consomment des drogues illicites obtenues ailleurs, en présence d'une équipe capable de prévenir et de gérer les overdoses (Stevens et collaborateurs, 2024). La salle offre une supervision ; la drogue vient de l'extérieur. Les centres peuvent accueillir les personnes qui injectent ou qui inhalent, et aussi offrir des conseils sur la technique d'injection, les soins des plaies et des infections, la vérification du contenu des drogues, des soins primaires et une orientation vers le logement et le traitement de la dépendance (Stevens et collaborateurs, 2024).

Ces espaces sont généralement ouverts aux personnes de toute origine sociale, mais sont surtout utilisés par celles qui vivent différentes formes d'exclusion, comme l'absence de logement ou un logement instable (Stevens et collaborateurs, 2024). Ce profil aide à comprendre pourquoi les issues étudiées vont au-delà de l'overdose et incluent les infections, le logement et le lien avec les soins.

À Vancouver, les salles autorisées fonctionnent avec une supervision infirmière, et la personne y trouve du matériel d'injection stérile, une réponse immédiate à l'overdose et une orientation vers d'autres programmes, à l'intérieur et à l'extérieur du service (Kerr et collaborateurs, 2017). Un conseiller en dépendance et des soins infirmiers étaient également disponibles sur place dans la première salle d'Amérique du Nord (Wood et collaborateurs, 2006).

Le nom varie d'un endroit à l'autre. Les études parlent de salle d'injection supervisée, de service de consommation supervisée, de lieu de prévention des overdoses et de centre de prévention des overdoses. En Colombie-Britannique, les lieux de prévention des overdoses sont souvent gérés par des pairs, des personnes ayant une expérience vécue de consommation de drogues qui offrent les premiers secours pour prévenir et répondre aux overdoses (Dogherty et collaborateurs, 2022).

Pour le clinicien, la définition compte parce que chaque modèle a une équipe, des horaires et un public différents. Cette logique rejoint la réduction des risques au-delà du tout ou rien : l'objectif immédiat est de garder la personne en vie et en contact avec le service, sans exiger qu'elle arrête de consommer avant d'être prise en charge.

Les centres de prévention des overdoses ont commencé à fonctionner en Suisse et en Allemagne au milieu des années 1980, se sont répandus en Europe continentale puis sont arrivés en Australie, au Canada, au Mexique, en Colombie, en Islande, en Écosse et aux États-Unis (Stevens et collaborateurs, 2024).

Au Canada, le chemin a été long. À Vancouver, à la fin des années 1990, l'incidence annuelle de l'infection par le VIH a atteint 19 pour 100 personnes qui s'injectaient des drogues, et la province a enregistré plus de 300 overdoses mortelles, ce qui a conduit l'autorité sanitaire à déclarer une urgence de santé publique (Kerr et collaborateurs, 2017). Avant la salle officielle, un lieu non autorisé appelé Back Alley a reçu plus de 100 personnes par nuit, selon les listes de présence (Kerr et collaborateurs, 2017).

La stratégie municipale de 2000 et 2001 s'est appuyée sur des modèles d'Europe de l'Ouest qui cherchaient à équilibrer prévention, répression, traitement et réduction des risques (Kerr et collaborateurs, 2017). La salle autorisée a ouvert en 2003 et est restée plus d'une décennie avec le statut de projet pilote, jusqu'à ce que des changements politiques créent un environnement plus favorable et que d'autres villes commencent à ouvrir leurs services (Kerr et collaborateurs, 2017). En chemin, la continuité de la salle a fini devant les tribunaux, et la Cour suprême du Canada a décidé par 9 voix contre 0 le maintien du service (Kerr et collaborateurs, 2017).

À partir de 2016, plus de 30 sites de prévention des overdoses à bas seuil, autorisés par la province, ont été mis en place au Canada (Kennedy et collaborateurs, 2019). En Colombie-Britannique, la déclaration d'urgence de santé publique en avril 2016 a permis l'ouverture de ces sites à plusieurs endroits de la province (Panagiotoglou, 2022).

Pointe d'une seringue à aiguille fine avec une goutte à l'extrémité
Pointe d'aiguille d'une seringue. Le matériel stérile d'injection figure parmi ce que les salles offrent, avec la réponse immédiate à l'overdose. Crédit : Psychonaught, domaine public (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Ce que les études montrent sur l'overdose et la mortalité

L'effet le plus direct d'une salle est la réponse à l'overdose au moment où elle se produit. Entre mars 2004 et juillet 2008, la salle de Vancouver a enregistré 1004 overdoses, dont 453 correspondaient à la définition de potentiellement mortelles, car elles exigeaient de la naloxone, un appel d'urgence ou une ambulance (Milloy et collaborateurs, 2008). À partir de ces données, les auteurs ont estimé entre 8 et 51 décès évités sur la période, soit l'équivalent de 1,9 à 11,7 par an (Milloy et collaborateurs, 2008).

Cette estimation dépend d'hypothèses. Comme la littérature rapportait des taux très différents d'overdose non mortelle, les auteurs ont testé trois scénarios, et le nombre de décès évités a beaucoup varié entre eux (Milloy et collaborateurs, 2008). Malgré cela, la salle recevait, par conception, environ 5 pour 100 des injections quotidiennes du quartier (Milloy et collaborateurs, 2008).

La question suivante porte sur la mortalité toutes causes confondues. Dans une cohorte de Vancouver comptant 811 personnes qui s'injectaient des drogues, 432 ont rapporté une utilisation fréquente de la salle, au moins hebdomadaire (Kennedy et collaborateurs, 2019). Le taux brut de mortalité était de 22,7 décès pour 1000 personnes-années, et l'utilisation fréquente de la salle était associée à un moindre risque de décès toutes causes confondues, avec un rapport de risque ajusté de 0,46 (Kennedy et collaborateurs, 2019). Au début du suivi, l'âge médian était de 39 ans, et 278 participants (34,3 pour 100) étaient des femmes (Kennedy et collaborateurs, 2019). L'association s'est maintenue après ajustement pour l'âge, le sexe, le VIH, le logement instable, l'injection quotidienne de cocaïne, l'injection en public, l'incarcération et le traitement de la dépendance (Kennedy et collaborateurs, 2019).

À Victoria, également au Canada, les professionnels et les usagers interrogés ont cité l'absence de décès par overdose comme le principal impact et indicateur de succès des sites de prévention (Pauly et collaborateurs, 2020). Quinze professionnels et 12 usagers ont été interrogés (Pauly et collaborateurs, 2020).

Les effets au niveau de la population sont plus difficiles à mesurer. En Colombie-Britannique, 25 sites ont ouvert dans 14 des 89 zones de santé locales entre 2015 et 2017, et l'analyse avec des zones témoins a montré une baisse des interventions des paramédics et des passages aux urgences liés aux opioïdes (Panagiotoglou, 2022). Dans la même analyse, les taux d'hospitalisation et de mortalité locaux sont restés sans changement détectable (Panagiotoglou, 2022). Pour les interventions des paramédics, la baisse a été précédée d'une augmentation initiale juste après l'ouverture, ce que l'autrice a jugé attendu, car les consignes d'origine recommandaient d'appeler les secours pour toute overdose réversée par la naloxone (Panagiotoglou, 2022). Le détail montre comment une règle opérationnelle peut modifier un indicateur sans que le risque réel ait changé.

Ce contraste rappelle une règle de base pour lire les études : le critère mesuré change la conclusion. Le raisonnement est proche de celui qui consiste à penser au taux de base dans le diagnostic, car un effet réel à l'intérieur de la salle peut se diluer quand on regarde une région entière où la majorité des personnes consomment ailleurs.

Infections, criminalité et ordre public

Les infections cutanées liées à l'injection, comme les abcès et les cellulites, sont fréquentes et évitables. Dans une cohorte de 1065 participants de la salle de Vancouver, la proportion avec une infection active est restée inférieure à 10 pour 100 pendant l'étude (Lloyd-Smith et collaborateurs, 2008). Le sexe féminin (rapport de cotes ajusté de 1,68), le logement instable (1,49), le fait d'emprunter une seringue déjà utilisée (1,60), le besoin d'aide pour injecter (1,42) et l'injection quotidienne de cocaïne (1,41) étaient associés à un risque plus élevé d'infection (Lloyd-Smith et collaborateurs, 2008).

Ces facteurs apportent une information utile au clinicien. La personne qui a besoin d'aide pour injecter et celle qui partage du matériel sont justement celles qui profitent le plus d'un espace avec du matériel stérile et une équipe formée. La revue réaliste a aussi cité la réduction des virus transmis par le sang, des infections et des plaies liées à l'injection parmi les résultats possibles, selon le contexte (Stevens et collaborateurs, 2024).

L'une des principales inquiétudes avant l'ouverture des salles est l'augmentation de la criminalité aux alentours. À Vancouver, les accusations pour trafic sont restées stables entre les périodes avant et après l'ouverture (moyenne de 124 contre 116 par mois), tout comme les agressions et les vols (174 contre 180) (Wood et collaborateurs, 2006). Les vols de véhicules et les cambriolages ont baissé de 302 à 227 sur la même période (Wood et collaborateurs, 2006).

La relation avec la police apparaît aussi dans les données. Parmi 1090 clients de la salle, 182 (16,7 pour 100) ont déclaré avoir été orientés par la police alors qu'ils injectaient en public (DeBeck et collaborateurs, 2008). Dès l'entrée dans l'étude, 22 participants (2,0 pour 100) ont dit avoir connu la salle par la police (DeBeck et collaborateurs, 2008). Le travail du sexe (rapport de cotes ajusté de 1,80) et l'injection quotidienne de cocaïne (1,54) étaient associés à davantage d'orientation policière (DeBeck et collaborateurs, 2008). Les auteurs rappellent que la criminalisation du travail du sexe expose ces personnes à plus de contacts avec la police, ce qui peut expliquer une partie de l'association (DeBeck et collaborateurs, 2008). La donnée suggère que la façon dont la police agit dans la rue peut rapprocher ou éloigner les personnes du service de santé.

Tige de coton blanche sur une surface en bois
Tige de coton. Un matériel d'hygiène simple fait partie du quotidien des salles, où la personne trouve des articles stériles et un espace propre pour consommer. Crédit : Suntuniustin, domaine public (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Comment les salles fonctionnent, selon la revue réaliste

La revue portant sur 391 documents a proposé un chemin causal : le sentiment de sécurité et le résultat immédiat de ne pas mourir sont les conditions pour que la personne construise la confiance et fasse l'expérience de l'inclusion sociale (Stevens et collaborateurs, 2024). À partir de cette combinaison, et selon le contexte, peuvent apparaître des pratiques de consommation moins risquées, moins d'infections et l'accès à un logement (Stevens et collaborateurs, 2024).

Ces résultats dépendent de l'environnement politique et juridique, qui pèse différemment pour les femmes et pour les personnes issues de minorités racisées (Stevens et collaborateurs, 2024). Le contraste apparaît dans deux exemples cités par la revue : New York, où deux centres ont ouvert dans des quartiers à majorité hispanique, avec beaucoup de personnes sans domicile, le VIH et un marché saturé de fentanyl, et Genève, où le centre Quai 9 fonctionne depuis des années au sein d'un réseau avec logement social, traitement par agonistes opioïdes et vérification des drogues (Stevens et collaborateurs, 2024). Les auteurs rappellent que la majeure partie de la littérature vient de pays à revenu élevé, et que les conclusions peuvent surtout valoir pour ces lieux (Stevens et collaborateurs, 2024).

Dans les sites de prévention des overdoses de Colombie-Britannique, l'équipe réunit souvent des travailleurs ayant une expérience vécue de l'usage de drogues et des travailleurs de réduction des risques sans cette expérience (Pauly et collaborateurs, 2020). À Victoria, les personnes interrogées ont décrit d'autres changements : le passage d'une réponse de crise à la prévention des overdoses, moins de traumatismes et le remplacement de l'usage seul dans des toilettes ou en public par un espace avec le temps de tester la drogue et de s'injecter (Pauly et collaborateurs, 2020). La présence de la vérification des drogues dans la salle en est un exemple : à Insite, 1411 vérifications ont été faites, et 1121 se sont révélées positives au fentanyl (Karamouzian et collaborateurs, 2018).

La confiance apparaît dans presque toutes les études. Pour le clinicien, elle ouvre la possibilité qu'une visite pour consommer devienne une conversation sur les plaies, le dépistage, le traitement ou le logement. Ce point rejoint le raisonnement clinique interprofessionnel, car le premier contact se fait souvent avec un pair ou un technicien, et non avec le médecin.

Le tableau résume les principaux résultats des études lues.

Résultat Ce qui a été observé Où Source
Overdoses prises en charge 1004 overdoses et 453 potentiellement mortelles en un peu plus de quatre ans Vancouver (Milloy et collaborateurs, 2008)
Mortalité globale Rapport de risque ajusté de 0,46 avec un usage hebdomadaire de la salle Vancouver (Kennedy et collaborateurs, 2019)
Passages aux urgences Baisse des interventions des paramédics et des visites au service d'urgence Colombie-Britannique (Panagiotoglou, 2022)
Hospitalisations et mortalité locale Stables, sans changement détectable Colombie-Britannique (Panagiotoglou, 2022)
Criminalité aux alentours Trafic et agressions stables ; vols de véhicules en baisse Vancouver (Wood et collaborateurs, 2006)
Infections cutanées Proportion inférieure à 10 pour 100 Vancouver (Lloyd-Smith et collaborateurs, 2008)

Au-delà de l'injection et au-delà de la rue

La majeure partie de la recherche sur les salles porte sur l'injection, et les personnes qui consomment par d'autres voies courent aussi un risque d'overdose et rencontrent des obstacles pour accéder aux services de santé (Speed et collaborateurs, 2020). Pour recenser ces services, les auteurs ont passé au crible 22 882 titres et retenu 39 articles (Speed et collaborateurs, 2020). La revue a identifié 48 services qui permettent d'autres voies de consommation, orale, nasale ou inhalée, la plupart en Allemagne (Speed et collaborateurs, 2020). Les différences incluaient des salles ventilées ou des espaces extérieurs pour les personnes qui fument et des limites de temps plus courtes pour l'usage par des voies sans aiguille (Speed et collaborateurs, 2020).

Le modèle est aussi entré à l'hôpital. À Vancouver, un hôpital a ouvert en 2021 une salle de prévention des overdoses dirigée par des infirmières, ouverte de 10 à 20 heures, avec deux infirmières par équipe et accessible aux patients hospitalisés, aux urgences et en ambulatoire (Dogherty et collaborateurs, 2022). En neuf mois, le service a enregistré 1612 visites pour injection, en moyenne 42 par semaine, et 46 overdoses (Dogherty et collaborateurs, 2022). Parmi les overdoses, 37 (80 pour 100) ont nécessité de la naloxone et 12 (26 pour 100) ont nécessité de déclencher le code bleu (Dogherty et collaborateurs, 2022).

Quatre étapes ont précédé l'ouverture : identifier le problème, chercher un avis éthique, adapter les politiques et les pratiques, et soutenir et former l'équipe (Dogherty et collaborateurs, 2022). L'hôpital dessert une zone centrale de la ville, avec un focus sur des populations historiquement marginalisées (Dogherty et collaborateurs, 2022). Les auteurs ont regroupé les leçons en six catégories : engagement, communication, accès, formation et soutien de l'équipe, collecte de données et sécurité (Dogherty et collaborateurs, 2022). Pour qui travaille en service de médecine, cette donnée rappelle que l'usage de drogues pendant l'hospitalisation existe, et que la réponse peut être organisée plutôt qu'improvisée.

Petit flacon en verre transparent, sans étiquette, fermé par un bouchon de liège, sur fond blanc
Flacon de verre. Dans la salle hospitalière étudiée, la plupart des overdoses ont nécessité de la naloxone, qui doit être à portée de main de l'équipe. Crédit : Science History Institute, Domaine public (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Ce qui change pour le clinicien

La salle de consommation supervisée semble éloignée du quotidien de nombreux médecins. Pourtant, les études apportent des leçons directes pour le cabinet, les urgences et le service de médecine.

Quelques points ressortent nettement :

Cette approche rejoint ce que nous avons discuté sur la prise de décision clinique : la bonne conduite dépend de la compréhension du contexte de la personne et de ce qui est possible à ce moment-là. Elle aide aussi à penser le raisonnement pronostique, car la mortalité de ceux qui s'injectent des drogues est élevée, et chaque contact avec le service est une chance de changer la trajectoire.

Pour qui enseigne, les études sur les salles offrent un bon exercice de lecture critique. Elles mêlent des estimations par modèle, des cohortes, des séries temporelles et des revues réalistes, chacune avec ses propres limites. Discuter de ces devis en séances de morbidité-mortalité ou en groupes de lecture aide à éviter autant l'enthousiasme sans fondement que le rejet sans analyse. Des cas fictifs construits à partir de ces données fonctionnent bien en apprentissage par cas cliniques, par exemple pour discuter de la personne qui arrive aux urgences avec une cellulite au bras et des antécédents d'injection. Il en va de même pour gérer l'incertitude diagnostique, car l'histoire d'usage est rarement complète au premier accueil.

Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement

Dans NEXO, le cas du jour est fictif, avec une présentation clinique réelle et jusqu'à six indices progressifs, et vous proposez le diagnostic en cherchant le code dans la CIM-10.

Les limites d'usage du jeu sont décrites sur la page Économie de NEXO. Si vous faites de la recherche sur l'enseignement du raisonnement clinique, la page pour les Researcher explique comment prendre contact. Les professionnels qui écrivent ou révisent des cas trouvent des informations dans Curator et dans Creators, et les institutions peuvent découvrir la proposition sur la page pour les partenariats. S'entraîner avec le diagnostic différentiel et les indices et savoir trouver le bon code dans la CIM-10 complètent cet entraînement.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il dans une salle de consommation supervisée ?

La personne consomme des drogues obtenues à l'extérieur en présence d'une équipe qui peut prévenir et gérer les overdoses (Stevens et collaborateurs, 2024), et trouve du matériel stérile et une orientation vers d'autres services (Kerr et collaborateurs, 2017).

Les salles réduisent-elles les décès ?

À Vancouver, l'usage hebdomadaire de la salle a été associé à une mortalité globale plus faible, avec un rapport de risque ajusté de 0,46 (Kennedy et collaborateurs, 2019), et les auteurs d'une autre étude ont estimé entre 8 et 51 décès évités en un peu plus de quatre ans (Milloy et collaborateurs, 2008).

La criminalité augmente-t-elle près des salles ?

À Vancouver, le trafic, les agressions et les vols sont restés stables après l'ouverture, et les vols de véhicules ont diminué (Wood et collaborateurs, 2006).

Les salles accueillent-elles seulement ceux qui s'injectent ?

Il existe au moins 48 services décrits qui acceptent un usage oral, nasal ou inhalé, la plupart en Allemagne (Speed et collaborateurs, 2020).

Qui travaille dans les salles ?

En Colombie-Britannique, les sites de prévention des surdoses emploient souvent des pairs ayant une expérience vécue de consommation de drogues, qui offrent les premiers secours (Dogherty et collaborateurs, 2022), aux côtés de travailleurs de réduction des risques (Pauly et collaborateurs, 2020).

Une salle peut-elle fonctionner dans un hôpital ?

Un hôpital de Vancouver a maintenu une salle dirigée par des infirmiers, avec 1612 visites et 46 surdoses prises en charge en neuf mois (Dogherty et collaborateurs, 2022).

Messages à retenir

  • La salle offre une supervision, du matériel stérile et une réponse immédiate à la surdose pour des drogues obtenues à l'extérieur.
  • Le modèle a commencé en Suisse et en Allemagne et existe aujourd'hui sur plusieurs continents.
  • À Vancouver, l'usage fréquent de la salle était associé à une mortalité globale plus faible.
  • Les effets à l'intérieur de la salle et les effets sur la population sont des questions différentes, avec des réponses différentes.
  • La criminalité aux alentours est restée stable dans les études de Vancouver.
  • La sécurité et la confiance ouvrent la voie à d'autres soins.

Vous voulez pratiquer le raisonnement avec des indices progressifs ? Jouez le cas du jour.

Références

  1. DeBeck K, Wood E, Zhang R, et al. Police and public health partnerships: evidence from the evaluation of Vancouver's supervised injection facility. Subst Abuse Treat Prev Policy. 2008. PMID 18462491.
  2. Dogherty E, Patterson C, Gagnon M, et al. Implementation of a nurse-led overdose prevention site in a hospital setting: lessons learned from St. Paul's Hospital, Vancouver, Canada. Harm Reduct J. 2022. PMID 35120536.
  3. Karamouzian M, Dohoo C, Forsting S, et al. Evaluation of a fentanyl drug checking service for clients of a supervised injection facility, Vancouver, Canada. Harm Reduct J. 2018. PMID 30200991.
  4. Kennedy MC, Hayashi K, Milloy MJ, et al. Supervised injection facility use and all-cause mortality among people who inject drugs in Vancouver, Canada: A cohort study. PLoS Med. 2019. PMID 31770391.
  5. Kerr T, Mitra S, Kennedy MC, et al. Supervised injection facilities in Canada: past, present, and future. Harm Reduct J. 2017. PMID 28521829.
  6. Lloyd-Smith E, Wood E, Zhang R, et al. Risk factors for developing a cutaneous injection-related infection among injection drug users: a cohort study. BMC Public Health. 2008. PMID 19068133.
  7. Milloy MJ, Kerr T, Tyndall M, et al. Estimated drug overdose deaths averted by North America's first medically-supervised safer injection facility. PLoS One. 2008. PMID 18839040.
  8. Panagiotoglou D. Evaluating the population-level effects of overdose prevention sites and supervised consumption sites in British Columbia, Canada: Controlled interrupted time series. PLoS One. 2022. PMID 35316284.
  9. Pauly B, Wallace B, Pagan F, et al. Impact of overdose prevention sites during a public health emergency in Victoria, Canada. PLoS One. 2020. PMID 32438390.
  10. Speed KA, Gehring ND, Launier K, et al. To what extent do supervised drug consumption services incorporate non-injection routes of administration? A systematic scoping review documenting existing facilities. Harm Reduct J. 2020. PMID 33028363.
  11. Stevens A, Keemink JR, Shirley-Beavan S, et al. Overdose prevention centres as spaces of safety, trust and inclusion: A causal pathway based on a realist review. Drug Alcohol Rev. 2024. PMID 39104059.
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