Analyse de drogues : ce que révèle l'échantillon

Sommaire
- Qu'est-ce que le contrôle des drogues
- Pourquoi le contenu de la drogue compte
- Quelles méthodes d'analyse existent
- Des bandelettes à la spectrométrie : ce que chaque test détecte
- Comment les personnes réagissent et ce qui les éloigne
- Ce que le clinicien peut retenir pour son cabinet
- Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
- Questions fréquentes
- Messages à retenir
- Références
Un jeune homme arrive à la tente de réduction des risques d'un festival avec une poudre blanche qu'il a achetée comme du MDMA. Il accepte que l'équipe prélève une petite quantité pour la tester. En quelques minutes, le technicien explique que le résultat suggère une autre substance, à l'effet plus long. Le jeune homme demande ce qu'il doit faire maintenant. La scène est fictive et a été écrite pour l'enseignement.
Ce texte porte sur le contrôle des drogues, aussi appelé drug checking : des services où la personne remet un échantillon de la substance qu'elle compte consommer et reçoit en retour une analyse de son contenu, avec des conseils. L'objectif ici est d'examiner ce que les études montrent sur les méthodes d'analyse, ce que les échantillons ont révélé et comment les personnes réagissent au résultat. Si vous jouez le cas du jour dans NEXO, vous reconnaîtrez la logique : l'étiquette que le patient apporte est une hypothèse, et la confirmation dépend du bon test, lu avec ses limites.
Points principaux
- Le contrôle des drogues analyse l'échantillon avant l'usage et rend le résultat avec des conseils.
- Les méthodes vont des bandelettes qui détectent une seule substance jusqu'à la spectrométrie de masse en laboratoire.
- Dans plusieurs services, une part importante des échantillons contenait autre chose que ce qui était attendu.
- Les résultats inattendus étaient associés à l'intention de réduire la dose ou de jeter la drogue.
- La peur de la police, la stigmatisation et l'attente longue apparaissent comme des obstacles importants.
- Le service sert aussi de porte d'entrée vers les soins.
Qu'est-ce que le contrôle des drogues
Une revue systématique portant sur 90 études a décrit les services de contrôle comme des interventions qui analysent des substances fournies par les usagers eux-mêmes et leur rendent les résultats, généralement accompagnés de conseils de réduction des risques (Maghsoudi et collaborateurs, 2022). La plupart des études de cette revue venaient d'Europe, et le domaine le plus rapporté était la surveillance du marché des drogues (Maghsoudi et collaborateurs, 2022).
Les modèles varient. La même revue a décrit des services mobiles en soirées et en festivals, des services fixes dans des lieux communautaires et la distribution de tests à usage individuel (Maghsoudi et collaborateurs, 2022). Une revue réaliste portant sur 133 sources a réuni sept théories de programme pour expliquer comment et pour qui le contrôle fonctionne (Masterton et collaborateurs, 2022). Ces théories portent sur la législation et l'action policière, le marché local et le niveau de dommage, l'intégration à des services existants, la participation de personnes ayant une expérience vécue, l'accessibilité, le processus de test et l'expérience antérieure des usagers avec le service (Masterton et collaborateurs, 2022).
La même revue rappelle que le contrôle est souvent associé aux soirées et à l'usage dit récréatif, mais que les services communautaires peuvent atteindre des personnes plus marginalisées et des personnes dépendantes (Masterton et collaborateurs, 2022). Ce point change le public que le clinicien doit imaginer quand il pense au service : il inclut aussi bien le jeune du festival que la personne qui consomme des opioïdes tous les jours et vit à la rue. La législation pèse aussi, et la Nouvelle-Zélande a été le premier pays à légaliser explicitement le contrôle des drogues, selon cette revue (Masterton et collaborateurs, 2022).
D'un point de vue clinique, l'idée rappelle celle de tout examen : il y a une question, un échantillon, une méthode avec sa propre sensibilité et sa propre spécificité, et une conversation sur ce qu'il faut faire du résultat. Le raisonnement est proche de celui qui consiste à interpréter des examens selon la probabilité pré-test, car un même résultat pèse différemment selon le contexte du marché local.
Pourquoi le contenu de la drogue compte
Le marché des drogues illicites change vite. L'année 2021 a été celle du plus grand nombre de décès par overdose aux États-Unis et au Canada, dans un contexte où le fentanyl a fini par dominer les marchés locaux (Ondocsin et collaborateurs, 2023). Des professionnels interrogés dans une étude auprès de 11 personnes ont décrit le marché comme une "cible mouvante", où de nouvelles substances apparaissent et se mêlent aux substances connues (Ondocsin et collaborateurs, 2023).
Le fentanyl est l'exemple le plus étudié. À Insite, la salle de consommation supervisée de Vancouver, 1411 vérifications ont été réalisées, et 1121 d'entre elles se sont révélées positives au fentanyl, soit l'équivalent de 79,8 sur 100 (Karamouzian et collaborateurs, 2018). Dans une analyse par spectrométrie de masse à Toronto, avec 2263 échantillons, la xylazine est apparue dans 46 d'entre eux, ce qui correspondait à 7,2 sur 100 échantillons qui contenaient le fentanyl comme seul opioïde (Bowles et collaborateurs, 2021).
La présence de produits de coupe a une conséquence directe sur la prise en charge. La xylazine est un sédatif à usage vétérinaire, et la naloxone agit sur les opioïdes, sans inverser ses effets (Bowles et collaborateurs, 2021). Dans un pilote avec spectrométrie de masse, l'étizolam, une benzodiazépine, est apparu dans 10 échantillons, et aucun client ne s'attendait à le trouver ; les auteurs rappellent que la naloxone peut ne pas inverser totalement une intoxication de ce type (Borden et collaborateurs, 2022).
Pour qui prend en charge une intoxication, cette information change le diagnostic différentiel. Le patient qui rapporte avoir consommé de l'héroïne peut avoir reçu un mélange avec des sédatifs qui répondent partiellement à la naloxone. Savoir ce qui circule sur le marché local aide à interpréter les signes, les symptômes et l'histoire avec moins de suppositions.

Quelles méthodes d'analyse existent
Une revue des méthodes d'analyse sur place a désigné la spectroscopie infrarouge portable, la spectroscopie Raman et la spectrométrie de mobilité ionique comme les options les plus prometteuses pour les services de terrain, et la spectrométrie de masse comme la norme de référence en médecine légale (Harper et collaborateurs, 2017). Chaque technique répond à une question différente, et le choix dépend de ce que le service veut savoir.
Les principales familles de méthodes apparaissent ainsi dans les études :
- Bandes immunochromatographiques : elles détectent une substance précise, comme le fentanyl, avec une réponse par oui ou non (Gozdzialski et collaborateurs, 2023).
- Réactifs colorimétriques : ils changent de couleur en présence de certaines substances et existent pour la plupart des drogues d'usage courant (Harper et collaborateurs, 2017).
- Spectroscopie infrarouge : portable et adaptée au lieu de prise en charge, avec une limite de détection plus élevée (Grace Rose et collaborateurs, 2023).
- Spectroscopie Raman et mobilité ionique : options portables citées parmi les meilleures pour le lieu de prise en charge (Harper et collaborateurs, 2017).
- Spectrométrie de masse : plus précise, elle exige une formation spécialisée et de l'espace (Grace Rose et collaborateurs, 2023).
La spectroscopie infrarouge est devenue l'une des méthodes instrumentales les plus utilisées dans la vérification, par sa facilité d'emploi, sa rapidité et le peu de préparation que demande l'échantillon (Gozdzialski et collaborateurs, 2023). Un autre avantage de l'infrarouge est que l'analyse préserve l'échantillon et donne le résultat en quelques minutes (Grace Rose et collaborateurs, 2023). La spectrométrie de mobilité ionique, elle, sépare et identifie les ions par la vitesse à laquelle ils traversent un gaz, et la spectroscopie Raman repose sur la diffusion de la lumière après son interaction avec l'échantillon (Harper et collaborateurs, 2017). Pour des techniques d'identification comme celles-ci, le résultat dépend d'une banque de molécules connues pour comparer le spectre, et constituer cette banque exige un chimiste formé (Harper et collaborateurs, 2017).
La combinaison d'instruments apparaît souvent. Une étude sur les bandes et d'autres méthodes a conclu que des approches avec plusieurs instruments peuvent être nécessaires pour couvrir ce qu'une technique isolée laisse passer (Gozdzialski et collaborateurs, 2023).
Le tableau résume les différences décrites dans les études consultées.
| Méthode | Ce qu'elle indique | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Bande au fentanyl | Présence ou absence de fentanyl au-dessus d'un seuil (Gozdzialski et collaborateurs, 2023) | Simple, rapide et facile à distribuer (Krieger et collaborateurs, 2018) | Faux positifs avec certaines substances (Lockwood et collaborateurs, 2021) et ligne faible près du seuil (Gozdzialski et collaborateurs, 2023) |
| Infrarouge portable | Profil des principaux composants (Harper et collaborateurs, 2017) | Portable et adapté au lieu de soins (Grace Rose et collaborateurs, 2023) | Limite de détection plus élevé (Grace Rose et collaborateurs, 2023) |
| Raman et mobilité ionique | Identification sur place (Harper et collaborateurs, 2017) | Cités parmi les meilleures méthodes de terrain (Harper et collaborateurs, 2017) | Dépendent d'une banque de spectres de référence (Harper et collaborateurs, 2017) |
| Spectrométrie de masse | Composition détaillée, y compris les adulterants (Borden et collaborateurs, 2022) | Étalon de référence et quantification (Harper et collaborateurs, 2017) | Exige un spécialiste, de l'espace et du temps (Grace Rose et collaborateurs, 2023) |
Des bandelettes à la spectrométrie : ce que chaque test détecte
Les bandelettes de test du fentanyl sont la méthode la plus simple et la plus diffusée. Le résultat est binaire, et le limite de détection s'est située autour de 0,150 microgramme par millilitre dans une évaluation (Gozdzialski et collaborateurs, 2023). Près de cette limite, la ligne de résultat peut apparaître faible, ce qui complique la lecture (Gozdzialski et collaborateurs, 2023).
Les faux positifs existent aussi. Une étude de laboratoire a trouvé des résultats faussement positifs avec la méthamphétamine, le MDMA et la diphénhydramine à des concentrations de 1 milligramme par millilitre ou plus (Lockwood et collaborateurs, 2021). Cela compte parce que la personne peut écarter une drogue sans fentanyl ou, à l'inverse, se mettre à douter du test.
Les bandelettes utilisées pour le fentanyl et pour les benzodiazépines ont été conçues à l'origine pour des échantillons d'urine (Gozdzialski et collaborateurs, 2023). Pour les bandelettes de benzodiazépines, l'étizolam réagit mal au test, et le résultat peut être un faux négatif (Gozdzialski et collaborateurs, 2023). Ce détail prend du poids quand on se rappelle que l'étizolam a justement été l'un des adulterants inattendus du pilote avec spectrométrie (Borden et collaborateurs, 2022).
Comme tout examen qualitatif, la bandelette indique si la substance a dépassé une limite, et laisse ouverte la question de sa quantité dans l'échantillon. Ce point rejoint le thème du surdiagnostic : un test très sensible, appliqué sans contexte, peut générer des décisions que la personne n'avait pas besoin de prendre.
La lecture de la bandelette demande aussi de l'attention. Dans l'étude menée auprès de jeunes adultes du Rhode Island, le matériel remis aux participants expliquait qu'une ligne rouge indique un test positif et deux lignes un test négatif, avec l'avertissement de rester prudent malgré tout (Goldman et collaborateurs, 2019). La logique est contre-intuitive pour qui est habitué à d'autres tests rapides, et une erreur de lecture inverse le sens du résultat. Les bandelettes ne détectent aussi que le fentanyl et certains analogues, sans produire de résultat quantitatif (Grace Rose et collaborateurs, 2023).
Dans la pratique des services, les bandelettes ont été acceptées par ceux qui les ont utilisées. Dans une étude avec 93 participants, 37 sur 100 avaient déjà fait une overdose, et 86 d'entre eux, soit 92 sur 100, ont dit vouloir savoir si la drogue contenait du fentanyl (Krieger et collaborateurs, 2018). Après la formation, tous se sont sentis confiants pour utiliser la bandelette, et la majorité a préféré tester la drogue plutôt que l'urine (Krieger et collaborateurs, 2018).

Les méthodes de laboratoire donnent une image plus complète du marché. Dans un pilote de deux jours avec spectrométrie de masse par paper spray, 113 échantillons ont été analysés, et 88 d'entre eux contenaient la substance attendue, soit 78 sur 100 (Borden et collaborateurs, 2022). Le fentanyl est apparu dans 50 échantillons, 44 sur 100, et le 4-ANPP, un précurseur de la synthèse, était présent dans 74 sur 100 des échantillons contenant du fentanyl (Borden et collaborateurs, 2022).
La spectrométrie quantifie aussi. Des usagers interrogés dans une étude ont préféré des résultats quantitatifs, qui indiquent la quantité de chaque substance présente dans l'échantillon (Grace Rose et collaborateurs, 2023). La même étude a décrit les obstacles de la méthode : le temps d'attente et la destruction d'une partie de l'échantillon lors du test (Grace Rose et collaborateurs, 2023).
La surveillance continue permet de voir des tendances. À Toronto, l'analyse par chromatographie en phase gazeuse et spectrométrie de masse à haute résolution a identifié l'arrivée de la xylazine sur le marché local des opioïdes (Bowles et collaborateurs, 2021). Ce type de donnée aide les services de santé à prévenir la communauté et à ajuster les protocoles de prise en charge.
Comment les personnes réagissent et ce qui les éloigne
La question centrale est de savoir si le résultat change ce que la personne fait. Dans la revue portant sur 90 études, les services ont influencé les intentions d'usage, surtout lorsque le résultat était inattendu (Maghsoudi et collaborateurs, 2022).
La demande, en revanche, restait faible par rapport à l'activité du service : à Insite, la vérification a été faite lors d'environ 1 visite sur 100 pendant la période étudiée (Karamouzian et collaborateurs, 2018). Cela suggère qu'offrir le test est différent de le voir intégré à la routine de celles et ceux qui consomment.
À Insite, parmi les personnes ayant obtenu un test positif avant usage, 36,3 sur 100 prévoyaient de réduire la dose et 11,4 sur 100 prévoyaient de jeter la drogue (Karamouzian et collaborateurs, 2018). Un résultat positif avant usage était associé à une plus grande probabilité de réduire la dose, avec un rapport de cotes de 9,36, sans association avec le fait de jeter la drogue (Karamouzian et collaborateurs, 2018).
Chez de jeunes adultes du Rhode Island, 93 participants ont reçu des bandelettes, 81 sont revenus pour le second entretien et 62 avaient utilisé au moins une bandelette (Goldman et collaborateurs, 2019). Les changements rapportés comprenaient le fait de jeter la drogue, de consommer accompagné et de garder la naloxone à portée de main, et certains participants ont donné des bandelettes à des amis (Goldman et collaborateurs, 2019).
Dans la deuxième phase de cette étude, les participants ont été formés à tester l'échantillon ou le résidu de la drogue avant consommation, plutôt que l'urine après usage (Goldman et collaborateurs, 2019). Pour le service de santé, ce changement compte, car le test avant usage est ce qui permet de décider de la dose.
Lors d'un festival australien, 642 personnes ont répondu à un questionnaire, et 73,4 sur 100 ont déclaré consommer des drogues (Day et collaborateurs, 2018). Parmi les participants, 54,4 sur 100 ont dit qu'il était très probable et 32,7 sur 100 qu'il était assez probable qu'ils utilisent un service de vérification (Day et collaborateurs, 2018). Ils éviteraient les drogues contenant de la méthamphétamine (65,1 sur 100), de la kétamine (57,5 sur 100) ou de la PMA (58,4 sur 100), selon la même étude (Day et collaborateurs, 2018).
Ces données rappellent la conversation clinique sur la prise de décision : l'examen a de la valeur lorsque le résultat peut changer la conduite, et la conduite dépend de la capacité de la personne à comprendre ce que le résultat signifie.

Des entretiens avec 27 personnes ont désigné la criminalisation, la stigmatisation et le traumatisme comme les principales barrières, et ont montré que la confidentialité et l'anonymat sont essentiels (Wallace et collaborateurs, 2020). Les professionnels ont aussi décrit la confiance et la peur de la police comme des points décisifs pour l'adhésion (Ondocsin et collaborateurs, 2023). Pour ces professionnels, la relation de confiance entre le client et l'équipe, plus que l'intégration formelle avec d'autres services, a été la principale voie pour amener la personne vers un traitement et d'autres soins (Ondocsin et collaborateurs, 2023). Les auteurs d'une étude sur les instruments résument la question autrement : les bénéfices d'utiliser le service doivent dépasser les risques de le solliciter (Gozdzialski et collaborateurs, 2023).
Les bandelettes remises pour un usage à domicile réduisent le contact avec les institutions, ce qui peut atténuer la méfiance envers les autorités, selon les professionnels interrogés (Ondocsin et collaborateurs, 2023). En contrepartie, la personne perd la conversation avec l'équipe, qui est justement le moment où surviennent les conseils, la naloxone et l'orientation.
Il existe aussi une préoccupation soulevée par les usagers eux-mêmes. Lors du festival australien, 68,6 sur 100 participants craignaient que des vendeurs utilisent le service comme contrôle de qualité (Day et collaborateurs, 2018). Dans une autre étude menée à partir de 27 entretiens, le contrôle de qualité du marché est apparu comme l'un des besoins partagés par les personnes qui consomment des drogues, aux côtés de la santé, d'environnements plus sains et de politiques publiques (Wallace et collaborateurs, 2021). Selon la lecture des auteurs, la vérification répond à un besoin partagé par la communauté des personnes qui consomment des drogues, et le service cesse d'être perçu comme un simple test individuel (Wallace et collaborateurs, 2021). Pour la conception du service, cela signifie écouter les usagers avant de décider où installer le point, quels horaires proposer et comment restituer le résultat.
Ce que le clinicien peut retenir pour son cabinet
La vérification des drogues se fait en général hors de l'hôpital. Les données qu'elle produit et la logique qu'elle suit ont néanmoins de la valeur pour ceux qui soignent.
Quelques points pratiques ressortent des études :
- Demander à la personne ce qu'elle pense avoir utilisé et traiter la réponse comme une hypothèse, étant donné que le marché évolue (Ondocsin et collaborateurs, 2023).
- Rappeler que les adulterants comme la xylazine et les benzodiazépines répondent mal ou pas du tout à la naloxone (Bowles et collaborateurs, 2021).
- Savoir qu'un test positif au fentanyl peut conduire à réduire la dose, et que cela ouvre la possibilité de parler de sécurité (Karamouzian et collaborateurs, 2018).
- Reconnaître que les bandelettes ont des faux positifs et une limite de détection (Lockwood et collaborateurs, 2021).
- Utiliser le contact comme porte d'entrée vers les soins, comme le décrivent les professionnels de ces services (Ondocsin et collaborateurs, 2023).
Cette posture rejoint ce que nous avons discuté dans réduction des risques et raisonnement clinique au-delà du tout ou rien. Elle aide aussi à penser l'incertitude diagnostique, car l'histoire de consommation décrit rarement avec précision ce que le patient a réellement reçu.
Pour ceux qui soignent en équipe, la vérification montre la valeur du travail entre les domaines : techniciens de laboratoire, intervenants en réduction des risques et cliniciens partagent l'interprétation du même résultat, comme dans le raisonnement clinique interprofessionnel. Revoir des cas d'intoxication en séances de morbidité et mortalité avec les données du marché local peut aussi faire apparaître des schémas qui passeraient inaperçus.
Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
Dans NEXO, le cas du jour est fictif, avec une présentation clinique réelle et jusqu'à six indices progressifs, et vous proposez le diagnostic en cherchant le code dans la CIM-10.
Les limites d'usage du jeu sont décrites sur la page Économie de NEXO. Si vous faites de la recherche sur l'enseignement du raisonnement clinique, la page pour les Researcher explique comment prendre contact. Les professionnels qui écrivent ou révisent des cas trouvent des informations dans Curator et dans Creators, et les institutions peuvent découvrir la proposition sur la page pour les partenariats. S'entraîner avec le diagnostic différentiel et les indices et savoir trouver le bon code dans la CIM-10 complètent cet entraînement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la vérification des drogues ?
C'est un service qui analyse des échantillons de substances apportées par les usagers eux-mêmes et renvoie le résultat avec des conseils de réduction des risques (Maghsoudi et collaborateurs, 2022).
Les bandelettes au fentanyl sont-elles fiables ?
Elles détectent le fentanyl au-delà d'un seuil d'environ 0,150 microgramme par millilitre, avec une lecture plus difficile près de cette valeur (Gozdzialski et collaborateurs, 2023), et peuvent donner un faux positif avec la méthamphétamine, le MDMA et la diphénhydramine à des concentrations élevées (Lockwood et collaborateurs, 2021).
Le résultat change-t-il le comportement des personnes ?
Les services ont influencé les intentions d'usage, surtout face à des résultats inattendus (Maghsoudi et collaborateurs, 2022), et dans Insite, un résultat positif avant usage a été associé à une plus grande probabilité de réduire la dose (Karamouzian et collaborateurs, 2018).
Quelle est la méthode la plus précise ?
La spectrométrie de masse est la référence en matière d'expertise médico-légale (Harper et collaborateurs, 2017), et elle exige un spécialiste, de l'espace et un délai d'attente plus long (Grace Rose et collaborateurs, 2023).
La naloxone résout-elle tout surdosage lié à des drogues adulterées ?
La naloxone inverse l'effet des opioïdes, et des adulterants comme la xylazine restent hors de sa portée (Bowles et collaborateurs, 2021), de même que les intoxications à l'étizolam ne peuvent répondre que partiellement (Borden et collaborateurs, 2022), c'est pourquoi la vérification aide à anticiper ce risque.
Qu'est-ce qui éloigne les personnes du service ?
La criminalisation, la stigmatisation et le traumatisme ont été les principales barrières rapportées, et la confidentialité et l'anonymat apparaissent comme essentiels (Wallace et collaborateurs, 2020).
Messages à retenir
- La vérification des drogues analyse l'échantillon avant l'usage et rend le résultat avec des conseils.
- Les bandelettes sont simples et acceptées, avec une limite de détection et des faux positifs connus.
- La spectrométrie de masse montre des adulterants inattendus, comme la xylazine et l'étizolam.
- Des résultats inattendus sont associés à l'intention de réduire la dose ou de jeter la drogue.
- La peur de la police, la stigmatisation et l'attente sont des barrières centrales.
- Pour le clinicien, l'histoire d'usage est une hypothèse, et le marché local modifie le diagnostic différentiel.
Vous voulez pratiquer le raisonnement avec des indices progressifs ? Jouez le cas du jour.
Références
- Borden SA, Saatchi A, Vandergrift GW, et al. A new quantitative drug checking technology for harm reduction: Pilot study in Vancouver, Canada using paper spray mass spectrometry. Drug Alcohol Rev. 2022. PMID 34347332.
- Bowles JM, McDonald K, Maghsoudi N, et al. Xylazine detected in unregulated opioids and drug administration equipment in Toronto, Canada: clinical and social implications. Harm Reduct J. 2021. PMID 34645480.
- Day N, Criss J, Griffiths B, et al. Music festival attendees' illicit drug use, knowledge and practices regarding drug content and purity: a cross-sectional survey. Harm Reduct J. 2018. PMID 29304871.
- Goldman JE, Waye KM, Periera KA, et al. Perspectives on rapid fentanyl test strips as a harm reduction practice among young adults who use drugs: a qualitative study. Harm Reduct J. 2019. PMID 30621699.
- Gozdzialski L, Wallace B, Hore D. Point-of-care community drug checking technologies: an insider look at the scientific principles and practical considerations. Harm Reduct J. 2023. PMID 36966319.
- Grace Rose C, Kulbokas V, Carkovic E, et al. Contextual factors affecting the implementation of drug checking for harm reduction: a scoping literature review from a North American perspective. Harm Reduct J. 2023. PMID 37667312.
- Harper L, Powell J, Pijl EM. An overview of forensic drug testing methods and their suitability for harm reduction point-of-care services. Harm Reduct J. 2017. PMID 28760153.
- Karamouzian M, Dohoo C, Forsting S, et al. Evaluation of a fentanyl drug checking service for clients of a supervised injection facility, Vancouver, Canada. Harm Reduct J. 2018. PMID 30200991.
- Krieger MS, Yedinak JL, Buxton JA, et al. High willingness to use rapid fentanyl test strips among young adults who use drugs. Harm Reduct J. 2018. PMID 29422052.
- Lockwood TE, Vervoordt A, Lieberman M. High concentrations of illicit stimulants and cutting agents cause false positives on fentanyl test strips. Harm Reduct J. 2021. PMID 33750405.
- Maghsoudi N, Tanguay J, Scarfone K, et al. Drug checking services for people who use drugs: a systematic review. Addiction. 2022. PMID 34729849.
- Masterton W, Falzon D, Burton G, et al. A Realist Review of How Community-Based Drug Checking Services Could Be Designed and Implemented to Promote Engagement of People Who Use Drugs. Int J Environ Res Public Health. 2022. PMID 36231262.
- Ondocsin J, Ciccarone D, Moran L, et al. Insights from Drug Checking Programs: Practicing Bootstrap Public Health Whilst Tailoring to Local Drug User Needs. Int J Environ Res Public Health. 2023. PMID 37297603.
- Wallace B, van Roode T, Pagan F, et al. The potential impacts of community drug checking within the overdose crisis: qualitative study exploring the perspective of prospective service users. BMC Public Health. 2021. PMID 34134698.
- Wallace B, van Roode T, Pagan F, et al. What is needed for implementing drug checking services in the context of the overdose crisis? A qualitative study to explore perspectives of potential service users. Harm Reduct J. 2020. PMID 32398090.