Oncologie

Mélanome BRAF V600 : cible ou immunothérapie d'abord

Tache foncée et irrégulière de mélanome sur la peau épaisse de la plante du pied, aux tons de brun et de noir
Sommaire
  1. Pourquoi c'est un scénario de raisonnement
  2. BRAF V600 : l'indice moléculaire
  3. Ce que COLUMBUS a testé
  4. Ce que COLUMBUS a montré à 5 ans
  5. La question de la séquence : DREAMseq et SECOMBIT
  6. Quand la réponse rapide pèse davantage
  7. Métastases cérébrales
  8. Dose, toxicité et surveillance
  9. Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
  10. Questions fréquentes
  11. Checklist finale
  12. Références

Une avocate de 61 ans se présente aux urgences avec une douleur du côté droit du ventre et une fatigue qui s'est aggravée en trois semaines. Elle avait eu un mélanome au bras retiré quatre ans auparavant. La tomodensitométrie montre plusieurs lésions au foie et deux aux poumons. La biopsie hépatique confirme un mélanome métastatique, et le test moléculaire de la tumeur retrouve la mutation BRAF V600E. La déshydrogénase lactique est quatre fois au-dessus de la limite supérieure. L'IRM du crâne ne montre pas de métastases. L'équipe doit décider par où commencer : thérapie ciblée ou immunothérapie. La scène est fictive et a été écrite pour l'enseignement.

Ce texte utilise le tableau comme scénario de raisonnement clinique pour les étudiants et les professionnels de santé. Le thème est l'association d'encorafénib avec binimétinib dans le mélanome avancé avec mutation BRAF V600, à partir de l'étude COLUMBUS, et la question que le Dr Alexei a proposée pour la série : comment choisir et séquencer thérapie ciblée et immunothérapie en tenant compte des symptômes, de la vitesse de progression et du besoin de réponse rapide ? Le texte ne remplace ni la recommandation de votre pays ni le protocole de votre service. Si vous jouez le cas du jour dans NEXO, vous reconnaîtrez le défi : la même maladie peut appeler des réponses différentes selon le rythme auquel elle avance.

Points principaux

  • COLUMBUS a comparé l'encorafénib avec binimétinib au vemurafénib ou à l'encorafénib seul chez 577 patients atteints de mélanome avancé BRAF V600.
  • À 5 ans, l'association a permis à plus de patients d'être en vie et sans progression que le vemurafénib.
  • La dose de la notice est encorafénib 450 mg une fois par jour avec binimétinib 45 mg deux fois par jour.
  • DREAMseq a montré que commencer par l'immunothérapie combinée a permis à plus de patients d'être en vie à 2 ans que commencer par la thérapie ciblée.
  • La thérapie ciblée reste importante quand la maladie est symptomatique, rapide ou volumineuse et que la réponse doit venir vite.
  • Les données de COLUMBUS concernent la maladie avancée et ne doivent pas être étendues à l'adjuvant.

Pourquoi c'est un scénario de raisonnement

Le mélanome métastatique avec mutation de BRAF a deux familles de traitement efficaces, et les deux agissent de façons très différentes. La thérapie ciblée bloque la voie de signalisation que la mutation maintient activée, et la réponse apparaît souvent en quelques semaines. L'immunothérapie libère le système immunitaire contre la tumeur, met plus de temps à agir, mais peut produire des réponses qui durent des années. Le choix de la première ligne n'est donc pas seulement un choix de médicament. C'est un choix sur le temps.

La question du Dr Alexei va droit à ce point. Les symptômes, la vitesse de progression et le besoin de réponse rapide sont justement les variables qui changent l'ordre. Un patient avec peu de lésions et sans symptômes peut attendre que l'immunothérapie agisse. Une patiente comme celle de la scène, avec un foie envahi et une déshydrogénase lactique élevée, ne le peut peut-être pas. Le raisonnement clinique consiste ici à lire le rythme de la maladie, au-delà du résultat du test.

La série a déjà traité de l'organisation de l'équipe dans le mélanome dans le post sur dermatologie, chirurgie et oncologie dans le mélanome. Ce post porte sur la maladie avancée et sur l'ordre des traitements.

Une erreur d'ancrage fréquente

Quand le compte rendu indique BRAF V600E, la tentation est de conclure que la thérapie ciblée est la réponse. Le résultat moléculaire semble décider seul. Mais la mutation dit que la thérapie ciblée va fonctionner, pas qu'elle doit venir en premier. Le post sur les heuristiques dans le raisonnement clinique décrit comment un indice fort peut clore l'investigation trop tôt.

BRAF V600 : l'indice moléculaire

La mutation BRAF V600 apparaît dans une partie importante des mélanomes cutanés et maintient active la voie MAPK, qui stimule la prolifération cellulaire. Le blocage de BRAF seul produit des réponses rapides, mais la résistance apparaît tôt, en partie parce que la voie est réactivée par le bas. C'est pourquoi l'association d'un inhibiteur de BRAF avec un inhibiteur de MEK est devenue le standard de la thérapie ciblée. L'encorafénib avec binimétinib est l'une des trois associations disponibles, aux côtés du dabrafénib avec tramétinib et du vemurafénib avec cobimétinib (Heinzerling et collaborateurs, 2019).

Le test doit être disponible avant la décision de première ligne. La directive de l'ESMO place la combinaison d'inhibiteurs de BRAF et de MEK comme option de première ligne pour les patients porteurs d'une mutation de BRAF, avec le plus haut niveau de preuve (Amaral et collaborateurs, 2025). Sans le résultat, l'une des options n'entre même pas dans la discussion.

Séquenceur d'ADN de paillasse, blanc, avec écran tactile à l'avant, posé sur une table de laboratoire
Séquenceur d'ADN de paillasse. Les panels de séquençage de nouvelle génération identifient la mutation BRAF V600 et d'autres altérations dans le tissu tumoral. Crédit : Konrad Förstner, CC BY 2.0 (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Ce que COLUMBUS a testé

COLUMBUS était une étude de phase III, ouverte, chez des patients atteints de mélanome avancé non résécable ou métastatique avec mutation BRAF V600. Dans la première partie, 577 patients ont été randomisés : 192 pour l'encorafénib avec le binimétinib, 191 pour le vémurafénib et 194 pour l'encorafénib seul (Dummer et collaborateurs, 2022). Le comparateur principal était le vémurafénib, qui était alors un standard de monothérapie par inhibiteur de BRAF.

Ce plan compte pour la lecture. COLUMBUS a montré que la combinaison surpasse la monothérapie par inhibiteur de BRAF. Il n'a pas comparé la thérapie ciblée à l'immunothérapie, et n'a pas répondu à laquelle des deux doit venir en premier. Cette question a exigé d'autres études.

Qui était dans l'étude

Les patients étaient naïfs de traitement ou avaient progressé après une immunothérapie de première ligne, et ont été inclus entre décembre 2013 et avril 2015 (Dummer et collaborateurs, 2022). À l'époque, l'immunothérapie combinée n'était pas encore le standard de première ligne. Cela signifie que la population de COLUMBUS diffère du patient qui arrive aujourd'hui au cabinet, souvent déjà traité par anti-PD-1 en adjuvant.

Ce que COLUMBUS a montré à 5 ans

Dans l'actualisation à 5 ans, la survie sans progression était de 23 patients sur 100 avec la combinaison, contre 10 sur 100 avec le vémurafénib. La survie globale était de 35 sur 100 avec la combinaison et de 21 sur 100 avec le vémurafénib (Dummer et collaborateurs, 2022). Chez les patients avec une déshydrogénase lactique normale, les chiffres étaient meilleurs : 31 et 45 sur 100 avec la combinaison (Dummer et collaborateurs, 2022).

La durée médiane de la réponse était de 18,6 mois avec la combinaison et de 12,3 mois avec le vémurafénib, et le contrôle de la maladie a été atteint chez environ 92 patients sur 100 avec la combinaison (Dummer et collaborateurs, 2022). Le taux de contrôle montre la force de la thérapie ciblée : presque tous répondent ou se stabilisent. La durée montre la limite : la plupart finissent par progresser.

Comment lire ces chiffres

  • La combinaison est meilleure que la monothérapie par inhibiteur de BRAF, en progression et en survie.
  • La déshydrogénase lactique est un marqueur pronostique fort, et les résultats sont moins bons quand elle est élevée.
  • Un plus petit groupe de patients reste en vie et sans progression pendant de nombreuses années avec la thérapie ciblée.
  • Les données ne disent pas comment la combinaison se compare à l'immunothérapie en première ligne.
ÉtudeComparaisonPrincipal résultatCe qui reste sans réponse
COLUMBUSEncorafénib avec binimétinib contre vémurafénibPlus de survie à 5 ans avec la combinaisonSi la thérapie ciblée doit venir avant l'immunothérapie
DREAMseqCommencer par le nivolumab avec l'ipilimumab ou par le dabrafénib avec le tramétinibPlus de patients en vie à 2 ans en commençant par l'immunothérapiePatients avec métastase cérébrale non traitée
SECOMBITTrois séquences, dont une induction courte par thérapie cibléeSurvie à 5 ans plus élevée dans le bras avec induction courte, sans comparaison formelleQuelle séquence est supérieure, l'étude étant non comparative
EBINImmunothérapie d'emblée ou induction de 3 mois par thérapie cibléePas de gain global, possible gain avec déshydrogénase lactique très élevéeConfirmation du sous-groupe

La question de la séquence : DREAMseq et SECOMBIT

DREAMseq a randomisé 265 patients atteints de mélanome BRAF V600 avancé, sans traitement préalable, pour commencer par le nivolumab et l'ipilimumab ou par le dabrafénib et le tramétinib, avec un changement à la progression (Atkins et collaborateurs, 2023). La survie globale à 2 ans était d'environ 72 patients sur 100 chez ceux qui ont commencé par l'immunothérapie, contre environ 52 sur 100 chez ceux qui ont commencé par la thérapie ciblée (Atkins et collaborateurs, 2023). L'étude a été arrêtée tôt par le comité de surveillance parce qu'un résultat cliniquement significatif a été atteint.

Deux détails de DREAMseq changent l'interprétation. Le taux de réponse était similaire entre les bras initiaux, environ 46 et 43 sur 100, mais la durée médiane de réponse n'a pas été atteinte avec l'immunothérapie et s'est établie à 12,7 mois avec la thérapie ciblée (Atkins et collaborateurs, 2023). De plus, seule environ la moitié des patients en progression a pu changer de traitement. Dans la vie réelle, ceux qui progressent vite n'obtiennent pas toujours la deuxième ligne.

SECOMBIT et l'induction courte

SECOMBIT, une étude de phase II non comparative, a testé trois séquences avec encorafénib et binimétinib et avec ipilimumab et nivolumab. L'un des bras a utilisé 8 semaines de thérapie ciblée avant de passer à l'immunothérapie. Les taux de survie à 5 ans étaient de 45, 52 et 57 sur 100 patients dans les trois bras, le plus élevé dans le bras avec induction courte (Amaral et collaborateurs, 2025). Comme elle est non comparative, l'étude ne prouve pas de supériorité, mais elle soutient l'idée que la thérapie ciblée peut servir de pont.

La recommandation de l'ESMO résume ainsi cette ligne de preuves : l'immunothérapie combinée est le choix préféré en première ligne lorsqu'elle peut être administrée en toute sécurité dans les premiers mois, c'est-à-dire lorsque la maladie n'est ni agressive ni symptomatique au point d'exiger une réponse rapide (Amaral et collaborateurs, 2025). Les données de vie réelle vont dans le même sens. Dans une série rétrospective de 567 patients, la survie médiane avec thérapie ciblée de première ligne était de 13,2 mois, contre 39,5 mois avec anti-PD-1, et n'a pas été atteinte avec la combinaison d'immunothérapie (Moser et collaborateurs, 2019). Ces chiffres présentent un biais de sélection, car les patients les plus graves tendent à recevoir la thérapie ciblée.

Quand la réponse rapide pèse davantage

La recommandation de l'ESMO considère l'induction de 8 à 12 semaines avec inhibiteurs de BRAF et MEK, suivie d'ipilimumab et nivolumab, comme une option, principalement pour les patients avec lactate déshydrogénase élevée ou métastases hépatiques (Amaral et collaborateurs, 2025). La base vient d'EBIN, une étude de phase II avec 271 patients qui n'a pas montré de gain global avec l'induction, mais a suggéré un bénéfice chez ceux dont la lactate déshydrogénase dépassait deux fois la limite supérieure (Amaral et collaborateurs, 2025). La recommandation elle-même rappelle que l'induction par thérapie ciblée n'est approuvée ni par la FDA ni par l'EMA.

Signes qui orientent d'abord vers la thérapie ciblée

  • Symptômes importants causés par la tumeur, comme douleur, essoufflement ou altération de l'état général.
  • Progression rapide entre deux examens d'imagerie rapprochés.
  • Volume important de maladie, principalement au foie.
  • Lactate déshydrogénase très au-dessus de la normale.
  • Contre-indication temporaire ou définitive à l'immunothérapie combinée.
  • Besoin d'une réponse en quelques semaines, par exemple avant une complication prévisible.

Signes qui favorisent d'abord l'immunothérapie

Une maladie de faible volume, sans symptômes et avec lactate déshydrogénase normale laisse le temps à l'immunothérapie d'agir. Dans ce scénario, la chance de réponse durable pèse plus que la vitesse. La patiente de la scène est à l'autre extrême : lésions hépatiques, symptômes et marqueur élevé. Pour elle, la discussion d'une induction par thérapie ciblée est raisonnable, avec un plan déjà défini de passage à l'immunothérapie.

Lésion brune sur la peau au contour large et irrégulier et aux nuances variables, typique d'un mélanome
Mélanome cutané avec asymétrie, bord irrégulier et variation de couleur. La tumeur primitive a généralement été traitée des années avant l'apparition de la maladie avancée. Crédit : Larry Meyer, Institut national du cancer des États-Unis, domaine public (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Métastases cérébrales

Le cerveau change le raisonnement. Une analyse australienne a montré une réponse intracrânienne chez 12 des 16 patients avec ipilimumab et nivolumab en première ligne, avec une survie sans progression médiane de 41,6 mois (Lau et collaborateurs, 2021). Lorsque la combinaison a été utilisée après progression cérébrale sous inhibiteurs de BRAF et MEK, la réponse intracrânienne est tombée à 1 des 21 patients, et la survie sans progression médiane a été de 1,3 mois (Lau et collaborateurs, 2021). L'ordre des traitements, dans ce scénario, peut décider si la deuxième ligne fonctionne encore.

La thérapie ciblée a aussi une activité cérébrale. Dans l'étude E-BRAIN, portant sur 48 patients avec des métastases cérébrales, y compris symptomatiques, l'encorafénib avec le binimétinib a produit une réponse intracrânienne chez environ 71 patients sur 100 après 2 mois (Márquez-Rodas et collaborateurs, 2024). Dans une série de 24 patients déjà traités, la plupart par des inhibiteurs de BRAF et de MEK auparavant, la réponse intracrânienne a été de 33 sur 100 (Holbrook et collaborateurs, 2020). Les réponses tendent à être plus courtes que celles de l'immunothérapie.

Comparaisons indirectes

Avant des études comme DREAMseq, la comparaison entre les stratégies dépendait d'analyses indirectes. L'une d'elles a comparé les données individuelles de CheckMate 067 avec les études des combinaisons de thérapie ciblée, en ajustant les populations (Tarhini et collaborateurs, 2021). Ce type d'analyse aide à formuler des hypothèses, mais ne remplace pas la randomisation, et il vaut la peine de s'en souvenir en lisant n'importe quel graphique qui place côte à côte des études différentes.

Dose, toxicité et surveillance

La notice de l'encorafénib indique 450 mg par voie orale une fois par jour, en six gélules de 75 mg, en association avec le binimétinib, jusqu'à progression ou toxicité inacceptable (notice du Braftovi). La notice du binimétinib indique 45 mg par voie orale deux fois par jour, avec environ 12 heures d'intervalle, avec l'encorafénib (notice du Mektovi). La dose de l'encorafénib est différente dans d'autres indications, comme dans le cancer colorectal, et ne doit pas être confondue.

La notice du binimétinib énumère les précautions qui guident la surveillance : nouvelles néoplasies cutanées et non cutanées, cardiomyopathie, thromboembolisme veineux, toxicité oculaire avec rétinopathie séreuse et occlusion de la veine rétinienne, pneumopathie interstitielle, hépatotoxicité et rhabdomyolyse (notice du Mektovi). La même notice demande une évaluation de la fraction d'éjection avant le début, puis après un mois et tous les 2 à 3 mois.

Fièvre et autres effets

Dans COLUMBUS, la fièvre a été moins fréquente avec l'encorafénib et le binimétinib qu'avec le dabrafénib et le tramétinib, dans une comparaison entre études de 21 contre 53 sur 100 patients, avec ajustement ou interruption pour fièvre chez environ 6 sur 100 (Dummer et collaborateurs, 2022). La revue de Heinzerling et collaborateurs décrit le profil de chaque combinaison et propose des routines d'évaluation pour les événements les plus fréquents et les plus graves, y compris les événements oculaires, cardiaques et cutanés (Heinzerling et collaborateurs, 2019).

Médicament oral, routine quotidienne

La thérapie ciblée se prend à la maison, tous les jours, et cela change la responsabilité des soins. L'encorafénib se prend une fois par jour et le binimétinib deux fois, et le patient doit savoir quoi faire lorsqu'il oublie une dose, lorsqu'il vomit après la prise et lorsqu'une fièvre apparaît. La notice du binimétinib indique de réduire, suspendre ou interrompre le traitement selon la gravité des événements, avec des tableaux propres à chaque toxicité (notice du Mektovi). Lorsque l'un des deux médicaments est suspendu, la conduite à tenir avec l'autre doit aussi être revue, et la notice de l'encorafénib donne des indications pour cet ajustement (notice du Braftovi).

La liste des médicaments en cours doit aussi être revue. L'encorafénib interagit avec les inhibiteurs et les inducteurs puissants des enzymes hépatiques, et la notice prévoit un ajustement de dose lorsqu'un inhibiteur puissant ne peut être évité (notice du Braftovi). Les antifongiques, certains antibiotiques et les anticonvulsivants entrent dans ce compte. Pour l'équipe, cela signifie que la première consultation de thérapie ciblée est aussi une consultation de réconciliation des médicaments, avec le pharmacien lorsqu'il y en a un.

Comprimés et gélules de diverses couleurs dispersés sur une assiette blanche
Comprimés et gélules sur une assiette. La thérapie ciblée du mélanome est orale et quotidienne, et la revue des autres médicaments en cours fait partie du début du traitement. Crédit : epSos.de, CC BY 2.0 (licence), via Wikimedia Commons (page du fichier).

Erreurs de raisonnement courantes

  • Conclure que la présence d'une mutation BRAF oblige à commencer par la thérapie ciblée.
  • Commencer l'immunothérapie dans une maladie très symptomatique sans plan pour une réponse rapide.
  • Utiliser la dose du cancer colorectal dans le mélanome, ou l'inverse.
  • Oublier l'échocardiogramme et l'examen ophtalmologique avant et pendant le traitement.
  • Étendre les données de COLUMBUS au traitement adjuvant.

L'adjuvant est une autre question

L'alerte du Dr Alexei sur le fait de ne pas extrapoler à l'adjuvant a une base. La thérapie ciblée avec preuve de phase III en adjuvant du mélanome est le dabrafénib avec le tramétinib, dans l'étude COMBI-AD, qui a montré un gain en survie sans récidive (Amaral et collaborateurs, 2025). L'étude COLUMBUS a porté sur une maladie avancée, et son résultat ne se transpose pas automatiquement au patient opéré sans maladie visible.

Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement

Dans NEXO, le cas du jour est fictif, avec une présentation clinique réelle et jusqu'à six indices progressifs, et vous proposez le diagnostic en cherchant le code dans la CIM-10. Le mélanome BRAF est un bon exercice parce que l'indice moléculaire est fort, mais il ne décide pas seul. L'article sur la prise de décision clinique aide à peser l'urgence et le bénéfice, et l'article sur le raisonnement pronostique montre comment des marqueurs comme la déshydrogénase lactique entrent dans la discussion.

Trois exercices avec des cas

Changez le rythme. Dites ce qui change si la patiente avait deux petites lésions pulmonaires, sans symptômes et avec une déshydrogénase lactique normale.

Changez l'organe. Dites comment vous raisonneriez si l'IRM montrait trois métastases cérébrales asymptomatiques.

Changez le cœur. Dites ce que vous feriez si l'échocardiographie de base montrait une fraction d'éjection de 45.

L'article sur l'incertitude diagnostique aide à parler de choix sans réponse définitive. Les limites d'usage du jeu sont décrites sur la page Économie de NEXO. Si vous faites de la recherche sur l'enseignement du raisonnement clinique, la page pour les Researcher explique comment prendre contact. Les professionnels qui écrivent ou révisent des cas trouvent des informations dans Curator et dans Creators, et les institutions peuvent découvrir la proposition sur la page pour les partenariats.

Questions fréquentes

L'encorafénib avec le binimétinib augmente-t-il la survie ?

Oui, par comparaison avec le vémurafénib. À 5 ans, 35 patients sur 100 étaient vivants avec la combinaison, contre 21 sur 100 avec le vémurafénib (Dummer et collaborateurs, 2022).

Quelle est la dose ?

Encorafénib 450 mg une fois par jour et binimétinib 45 mg deux fois par jour, selon la notice américaine (notice du Braftovi). Vérifiez la notice de votre pays.

Dois-je commencer par la thérapie ciblée si la tumeur a BRAF ?

Pas nécessairement. Quand la maladie permet d'attendre, l'immunothérapie combinée en première ligne a laissé plus de patients vivants à 2 ans dans DREAMseq (Atkins et collaborateurs, 2023).

Quand la thérapie ciblée vient-elle en premier ?

Quand la maladie est symptomatique, volumineuse ou progresse vite et que la réponse doit venir en quelques semaines. La recommandation européenne envisage aussi une induction courte en cas de déshydrogénase lactique élevée ou de métastases hépatiques (Amaral et collaborateurs, 2025).

Cette combinaison sert-elle après la chirurgie ?

L'étude COLUMBUS a porté sur une maladie avancée. La thérapie ciblée avec preuve adjuvante de phase III est une autre combinaison, étudiée dans COMBI-AD.

Checklist finale

  • J'ai confirmé la mutation BRAF V600 sur tissu avant la première ligne.
  • J'ai évalué les symptômes, le volume de la maladie et la vitesse de progression.
  • J'ai demandé une déshydrogénase lactique et une IRM du crâne.
  • J'ai discuté de l'immunothérapie combinée et de la thérapie ciblée, avec la séquence prévue.
  • J'ai utilisé la dose de l'indication mélanome.
  • J'ai fait une échocardiographie, un examen ophtalmologique et des examens du foie et de la créatine phosphokinase de base.
  • J'ai donné des consignes sur la fièvre, les troubles visuels et les symptômes respiratoires.
  • J'ai expliqué que les données valent pour une maladie avancée.

Vous voulez pratiquer le raisonnement avec des indices progressifs ? Jouez le cas du jour.

Références

  1. Amaral T, Ottaviano M, Arance A, et al. Cutaneous melanoma: ESMO Clinical Practice Guideline for diagnosis, treatment and follow-up. Ann Oncol. 2025. PMID 39550033.
  2. Atkins MB, Lee SJ, Chmielowski B, et al. Combination Dabrafenib and Trametinib Versus Combination Nivolumab and Ipilimumab for Patients With Advanced BRAF-Mutant Melanoma: The DREAMseq Trial-ECOG-ACRIN EA6134. J Clin Oncol. 2023. PMID 36166727.
  3. Dummer R, Flaherty KT, Robert C, et al. COLUMBUS 5-Year Update: A Randomized, Open-Label, Phase III Trial of Encorafenib Plus Binimetinib Versus Vemurafenib or Encorafenib in Patients With BRAF V600-Mutant Melanoma. J Clin Oncol. 2022. PMID 35862871.
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  5. Holbrook K, Lutzky J, Davies MA, et al. Intracranial antitumor activity with encorafenib plus binimetinib in patients with melanoma brain metastases: A case series. Cancer. 2020. PMID 31658370.
  6. Lau PKH, Feran B, Smith L, et al. Melanoma brain metastases that progress on BRAF-MEK inhibitors demonstrate resistance to ipilimumab-nivolumab that is associated with the Innate PD-1 Resistance Signature (IPRES). J Immunother Cancer. 2021. PMID 34625515.
  7. Moser JC, Chen D, Hu-Lieskovan S, et al. Real-world survival of patients with advanced BRAF V600 mutated melanoma treated with front-line BRAF/MEK inhibitors, anti-PD-1 antibodies, or nivolumab/ipilimumab. Cancer Med. 2019. PMID 31677253.
  8. Márquez-Rodas I, Álvarez A, Arance A, et al. Encorafenib and binimetinib followed by radiotherapy for patients with BRAFV600-mutant melanoma and brain metastases (E-BRAIN/GEM1802 phase II study). Neuro Oncol. 2024. PMID 38946469.
  9. Pfizer Laboratories. BRAFTOVI (encorafenib) capsules, for oral use. Prescribing information. DailyMed. 2026. DailyMed.
  10. Pfizer Laboratories. MEKTOVI (binimetinib) tablets, for oral use. Prescribing information. DailyMed. 2025. DailyMed.
  11. Tarhini AA, Toor K, Chan K, et al. A matching-adjusted indirect comparison of combination nivolumab plus ipilimumab with BRAF plus MEK inhibitors for the treatment of BRAF-mutant advanced melanoma☆. ESMO Open. 2021. PMID 33556898.

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