Imatinib adjuvant dans le GIST : 3 ans et génotype

Sommaire
- Pourquoi il s'agit d'un scénario de raisonnement
- Comment estimer le risque de récidive
- Ce que le SSGXVIII a testé
- Ce que le SSGXVIII a montré
- Le génotype change la décision
- Rupture : un facteur qui pèse lourd
- Tolérance, observance et durée
- Suivi après l'imatinib
- Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
- Questions fréquentes
- Checklist finale
- Références
Un homme de 52 ans est opéré pour une tumeur de 9 centimètres sur la paroi de l'estomac, découverte après un épisode de saignement digestif. La résection est complète, sans rupture rapportée. Le compte rendu confirme une tumeur stromale gastro-intestinale (GIST), avec 12 mitoses sur 5 millimètres carrés. Le chirurgien adresse le patient à l'oncologue avec une question simple : imatinib pendant combien de temps ? L'oncologue en renvoie une autre : quelqu'un a-t-il demandé l'analyse de mutation de KIT et PDGFRA ? La scène est fictive et a été écrite pour l'enseignement.
Ce texte utilise ce tableau comme scénario de raisonnement clinique pour les étudiants et les professionnels de santé. Le thème est l'imatinib adjuvant dans le GIST réséqué, à partir de l'étude SSGXVIII/AIO, qui a comparé 1 et 3 ans de traitement. La question que le Dr Alexei a proposée pour la série réunit deux points : qui doit recevoir de l'imatinib après la chirurgie, et pourquoi le génotype doit être sur la table avant de décider ? Le texte ne remplace ni la recommandation de votre pays ni le protocole de votre service. Si vous jouez le cas du jour sur NEXO, vous reconnaîtrez le schéma : le même diagnostic peut cacher des maladies qui répondent de façons très différentes au même médicament.
Points principaux
- L'imatinib adjuvant est indiqué pour les GIST à haut risque de récidive après résection complète.
- Dans le SSGXVIII/AIO, 3 ans d'imatinib 400 mg par jour ont réduit la récidive et le décès par rapport à 1 an.
- Le bénéfice le plus important est apparu dans les tumeurs avec délétion ou indel dans l'exon 11 de KIT.
- Les tumeurs avec PDGFRA D842V et les GIST sans mutation de KIT ou PDGFRA ne répondent pas à l'imatinib et ne doivent pas le recevoir en adjuvant.
- Les mutations de l'exon 9 de KIT ont un comportement propre, et la dose idéale en situation adjuvante reste en débat.
- La rupture de la tumeur modifie beaucoup le risque et doit être définie avec des critères clairs.
Pourquoi il s'agit d'un scénario de raisonnement
Le GIST est le sarcome le plus fréquent du tube digestif et survient le plus souvent dans l'estomac. La chirurgie guérit de nombreux patients atteints d'une maladie localisée, mais pas tous. La revue d'Iwatsuki et de ses collaborateurs rappelle que la résection complète est possible chez jusqu'à 85 patients sur 100 atteints d'une maladie primitive, et qu'environ la moitié présente une récidive ou une métastase en 5 ans (Iwatsuki et collaborateurs, 2019). Cette moyenne cache une variation énorme : certaines tumeurs ne reviennent presque jamais, et d'autres reviennent presque toujours.
L'imatinib a changé l'histoire du GIST avancé, puis a été transposé en situation adjuvante. Mais donner un médicament pendant des années à quelqu'un déjà guéri par la chirurgie expose à la toxicité sans bénéfice. Et donner le médicament à quelqu'un dont la tumeur est résistante expose à la toxicité sans chance de bénéfice. Le raisonnement clinique ici est un raisonnement de sélection : qui a un risque assez élevé, et qui a une tumeur qui répond à l'imatinib ?
La réponse dépend de deux ensembles d'informations. Le premier est clinique et pathologique : taille, mitoses, localisation et rupture. Le second est moléculaire : quelle mutation la tumeur porte. Les deux doivent être prêts avant la première ordonnance. L'article sur quand consulter un centre de sarcome montre pourquoi cette évaluation fonctionne mieux dans des équipes expérimentées.
C'est aussi une maladie rare. La même revue estime l'incidence à 10 à 15 nouveaux diagnostics par million de personnes par an (Iwatsuki et collaborateurs, 2019). De nombreux oncologues généralistes voient peu de patients atteints de GIST par an, ce qui rend facile d'oublier une étape qui ne fait pas partie de la routine d'autres tumeurs, comme demander le séquençage avant de prescrire.
Ce qui rend cette erreur facile à commettre
De nombreux comptes rendus de GIST arrivent avec le diagnostic confirmé par immunohistochimie, avec KIT (CD117) ou DOG1 positifs, et sans analyse moléculaire. La positivité de KIT en immunohistochimie est souvent confondue avec la présence d'une mutation sensible, ce qui n'est pas la même chose. Une tumeur peut marquer fortement pour KIT et porter une mutation de PDGFRA résistante à l'imatinib. Sans séquençage, la décision adjuvante se prend dans le noir.
Comment estimer le risque de récidive
La classification du risque a évolué avec le temps. La recommandation de 2023 du groupe espagnol des sarcomes (GEIS) résume cette histoire : les premiers critères utilisaient la taille et les mitoses, ceux de Miettinen et Lasota ont ajouté la localisation, et les critères du NIH modifiés ont inclus la rupture, servant de base aux études randomisées (Serrano et collaborateurs, 2023). Les tumeurs gastriques ont un meilleur pronostic que celles de l'intestin grêle de même taille et avec les mêmes mitoses.
- Taille : plus la tumeur est grande, plus le risque est élevé.
- Index mitotique : compté sur 5 millimètres carrés ou sur 50 champs de grand grossissement, c'est l'un des facteurs les plus forts.
- Localisation : les tumeurs hors de l'estomac ont un risque plus élevé.
- Rupture : elle augmente beaucoup le risque de récidive péritonéale.
Joensuu et collaborateurs ont utilisé les données du SSGXVIII pour identifier les facteurs liés à la récidive chez les patients traités par imatinib adjuvant. Cinq facteurs avaient une association indépendante avec une moins bonne survie sans récidive : index mitotique élevé, localisation hors de l'estomac, grande taille, rupture et traitement de seulement 12 mois (Joensuu et collaborateurs, 2014). Un score simple, avec les mitoses et la localisation, a séparé des groupes dont la survie sans récidive à 5 ans était d'environ 77, 48 et 8 patients sur 100.
Le risque intermédiaire
Le groupe à risque intermédiaire est le plus difficile. La recommandation du British Sarcoma Group cite une étude portant sur 2 560 patients où, selon les critères du NIH modifiés, les patients à risque intermédiaire sans rupture avaient un pronostic semblable à celui des patients à faible risque et n'auraient pas besoin d'adjuvant, tandis que ceux à haut risque avaient un taux de récidive nettement plus mauvais (Judson et collaborateurs, 2025). Zhang et Liu rappellent que d'autres facteurs, comme le saignement digestif et un index Ki67 élevé, ont aussi été liés à un moins bon pronostic, et que les classifications actuelles restent insuffisantes (Zhang et Liu, 2020).
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Ce que le SSGXVIII a testé
Le SSGXVIII/AIO était une étude multicentrique scandinave et allemande. Elle a inclus 400 patients à haut risque de récidive de GIST après une chirurgie macroscopiquement complète, entre 2004 et 2008, et les a randomisés pour recevoir de l'imatinib 400 mg par jour pendant 1 an ou pendant 3 ans (Joensuu et collaborateurs, 2023). Le haut risque était défini par les critères du NIH modifiés, selon la recommandation du GEIS (Serrano et collaborateurs, 2023).
La question n'était pas de savoir si l'imatinib fonctionnait, car l'étude américaine ACOSOG Z9001 avait déjà montré un gain de survie sans récidive avec 1 an de traitement contre placebo. La question était de savoir si un traitement plus long apportait un gain supplémentaire. Joensuu rappelle que le SSGXVIII est la seule étude randomisée qui a montré un gain de survie globale avec l'imatinib adjuvant et la seule qui a évalué une durée supérieure à 2 ans (Joensuu, 2023).
La dose et la façon de la prendre
La dose étudiée était de 400 mg par voie orale, une fois par jour (Joensuu et collaborateurs, 2023). Le comprimé se prend habituellement avec un repas et un verre d'eau, pour réduire la nausée. Consultez la notice de votre pays et les interactions, car l'imatinib est métabolisé par le cytochrome CYP3A4.
Ce que le SSGXVIII a montré
Dans l'analyse à long terme résumée par Joensuu, la survie sans récidive à 10 ans était d'environ 53 patients sur 100 dans le groupe de 3 ans contre 42 dans le groupe de 1 an, et la survie globale à 10 ans était de 79 contre 65 sur 100, avec un rapport de risque de 0,55 (Joensuu, 2023). Après exclusion des patients sans GIST à la relecture histologique et de ceux qui avaient déjà une maladie métastatique à l'entrée, la survie globale à 10 ans était d'environ 82 contre 67 sur 100.
Le même auteur résume l'effet comme une réduction d'environ 45 sur 100 du risque de décès au cours des 10 premières années, même avec des patients qui, avec le recul actuel, n'auraient pas dû être inclus, comme ceux qui avaient des mutations résistantes (Joensuu, 2023). Cela suggère qu'avec la sélection moléculaire actuelle, le gain réel chez les bons patients est encore plus grand.
| Génotype | Sensibilité à l'imatinib | Ce que montrent les données | Conduite adjuvante habituelle |
|---|---|---|---|
| KIT exon 11 (délétion ou indel) | Élevée | Gain plus important avec 3 ans dans le SSGXVIII | Imatinib 400 mg par jour pendant 3 ans si haut risque |
| KIT exon 11 (substitution ou duplication) | Élevé | Meilleur pronostic ; bénéfice moins clair | À discuter selon le risque |
| KIT exon 9 | Intermédiaire | Survie médiocre quelle que soit la durée dans SSGXVIII | Imatinib si risque élevé ; dose en débat |
| PDGFRA D842V | Résistant | Pas de réponse à l'imatinib en maladie avancée | Ne pas utiliser l'imatinib en adjuvant |
| PDGFRA non D842V | Généralement sensible | Réponses en maladie avancée | À discuter selon le risque |
| Sans mutation de KIT ou PDGFRA | Faible ou nulle | Comprend SDH, NF1 et BRAF, non sensibles | Ne pas utiliser l'imatinib en adjuvant |
Le génotype change la décision
L'analyse moléculaire de SSGXVIII a porté sur 341 patients atteints de GIST localisé confirmé. Avec un suivi médian de 10 ans, les patients porteurs d'une délétion ou d'un indel de l'exon 11 de KIT traités pendant 3 ans ont vécu plus longtemps que ceux traités pendant 1 an : survie globale à 10 ans de 86 contre 64 pour 100, avec un rapport de risque de 0,34 (Joensuu et collaborateurs, 2023). La survie sans récidive à 10 ans était aussi plus élevée, 47 contre 29 pour 100. En revanche, les patients porteurs d'une mutation de l'exon 9 ont eu une survie défavorable quelle que soit la durée.
Joensuu conclut qu'il existe peu de preuves d'un gain de survie dans les essais randomisés pour les tumeurs avec mutation de l'exon 9, avec insertion dans KIT, avec PDGFRA D842V ou sans mutation de KIT et PDGFRA (Joensuu, 2023). L'imatinib adjuvant améliore la survie de façon importante lorsque la tumeur est à haut risque, que le traitement dure assez longtemps et que la mutation est sensible.
Fréquence de chaque mutation
Joensuu résume la distribution : les mutations de l'exon 11 de KIT sont les plus fréquentes, dans environ 65 GIST sur 100, le plus souvent des délétions ou des indels, mais aussi des substitutions et des insertions ou duplications (Joensuu, 2023). Les mutations de l'exon 9 apparaissent dans 6 à 8 GIST localisés sur 100 et surviennent souvent dans l'intestin grêle. Les tumeurs avec mutation de PDGFRA surviennent souvent dans l'estomac et ont en général un pronostic favorable. Les tumeurs avec exon 9 tendent à évoluer de façon plus agressive que celles avec exon 11.
Cette distribution explique pourquoi le patient de la scène, avec une tumeur gastrique, peut avoir aussi bien une délétion de l'exon 11, qui impose 3 ans d'imatinib, qu'une mutation de PDGFRA, qui peut être D842V et ne pas répondre. L'estomac concentre les deux possibilités. Seul le séquençage sépare l'une de l'autre, et il doit être demandé sur la pièce chirurgicale, ou sur la biopsie lorsque le traitement commence avant la chirurgie.
En pratique, il vaut mieux convenir avec l'anatomopathologie que tout GIST avec une indication possible d'adjuvant passe par une analyse moléculaire de routine. Cela évite la situation où l'oncologue découvre, des mois plus tard, que le patient a pris un médicament sans effet sur sa tumeur.
PDGFRA D842V
La substitution D842V de l'exon 18 est l'altération la plus fréquente parmi les GIST avec mutation de PDGFRA, présente dans 65 à 75 de ces tumeurs sur 100, selon la recommandation du GEIS (Serrano et collaborateurs, 2023). Dans un registre coréen de maladie avancée, Yoo et collaborateurs n'ont trouvé de réponse objective chez aucun des patients avec D842V traités par imatinib, contre 5 sur 7 avec d'autres mutations de PDGFRA, et la survie sans progression médiane était de 3,8 contre 29,5 mois (Yoo et collaborateurs, 2016). Donner l'imatinib en adjuvant à ce patient, c'est l'exposer à la toxicité sans bénéfice attendu.
KIT exon 9
Selon la recommandation du GEIS, les mutations de l'exon 9 apparaissent dans 12 à 15 GIST sur 100, sont liées à la localisation dans l'intestin grêle et à un plus fort potentiel malin (Serrano et collaborateurs, 2023). La dose de 800 mg par jour est utilisée par certains services, par extension de la maladie avancée. Vincenzi et collaborateurs ont réuni 185 patients de 23 centres européens de référence et n'ont trouvé aucun avantage de la dose de 800 mg par jour sur 400 mg pour aucun critère de survie (Vincenzi et collaborateurs, 2022). Les facteurs liés à une évolution plus défavorable étaient un index mitotique élevé et une localisation hors de l'estomac. Les auteurs demandent des études prospectives.
GIST sans mutation de KIT ou PDGFRA
Ces tumeurs forment un groupe hétérogène, plus fréquent chez les enfants et les femmes jeunes. Joensuu rappelle qu'aucune des altérations trouvées dans ce groupe, comme les mutations de SDH, le silençage du promoteur de SDHC, NF1 et BRAF, n'est sensible à l'imatinib (Joensuu, 2023). Certaines progressent très lentement. Le GIST déficient en SDH peut faire partie de syndromes héréditaires, comme la triade de Carney, ce qui impose une enquête familiale.
Rupture : un facteur qui pèse lourd
La rupture de la tumeur, avant ou pendant la chirurgie, disperse des cellules dans le péritoine et augmente beaucoup le risque de récidive. Le problème, c'est qu'il n'existait pas de définition commune. Nishida et ses collaborateurs ont passé la littérature en revue et, sur la base des critères d'Oslo, ont proposé six situations qui comptent comme rupture (Nishida et collaborateurs, 2019) :
- fracture de la tumeur ou déversement de son contenu ;
- ascite sanglante ;
- perforation du tube digestif au niveau de la tumeur ;
- infiltration microscopique d'un organe voisin ;
- dissection à l'intérieur de la lésion ou retrait en fragments ;
- biopsie incisionnelle.
Les mêmes auteurs listent ce qui ne doit pas être compté comme rupture, comme les défauts de muqueuse, le déversement contenu dans la lumière de l'organe, la biopsie à l'aiguille sans complication et la résection R1. La distinction compte parce qu'elle change la durée du traitement recommandée.
Dans l'étude SSGXVIII, environ 20 patients sur 100 atteints d'un GIST localisé confirmé avaient une rupture rapportée. Ces patients avaient une survie sans récidive à 10 ans de 21 contre 55 sur 100 sans rupture, et une survie globale de 59 contre 78 (Joensuu et collaborateurs, 2024). Les 3 ans n'ont pas amélioré de façon significative les résultats du groupe avec rupture dans son ensemble, mais, dans le sous-groupe avec délétion ou indel de l'exon 11, la survie globale à 10 ans était de 94 contre 54 sur 100 avec 3 ans contre 1 an. Les auteurs notent qu'environ un cinquième des tumeurs rompues traitées n'a pas récidivé.
Comment parler de la rupture avec le patient
La rupture est souvent vue comme une faute, et le patient peut avoir le sentiment que quelque chose a mal tourné pendant la chirurgie. Il vaut la peine d'expliquer qu'elle peut survenir avant l'opération, par saignement ou perforation spontanée, et que le traitement existe justement pour réduire le risque. Nishida et ses collaborateurs rappellent que les recommandations indiquent un traitement adjuvant pour une durée définie ou même à vie dans les cas avec rupture (Nishida et collaborateurs, 2019). C'est le compte rendu détaillé de ce qui s'est passé au bloc opératoire qui permet de classer la rupture ensuite.
Tolérance, observance et durée
Trois ans de comprimé quotidien, c'est un engagement long. Une étude danoise d'assurance qualité, de Mohammad et ses collaborateurs, a suivi 65 patients sous traitement adjuvant et a trouvé une réduction de dose pour effets indésirables chez 58 sur 100 et une interruption chez 17 sur 100 (Mohammad et collaborateurs, 2026). La récidive est survenue chez 23 patients sur 100, avec une médiane de 4,5 ans depuis le diagnostic, sans différence significative entre ceux qui avaient réduit ou interrompu et ceux qui n'avaient pas réduit.
Ce que le patient ressent souvent
Dans l'étude danoise, les effets indésirables les plus fréquents étaient la fatigue et l'œdème, et un tiers des patients qui ont dû réduire la dose ont eu un effet de grade 3 (Mohammad et collaborateurs, 2026). La majorité a poursuivi à 400 mg par jour, et le deuxième schéma le plus utilisé était 300 mg par jour. Les auteurs rapportent aussi que, dans une étude qu'ils citent avec 6 ans de traitement, douleur abdominale, diarrhée, vomissements et asthénie apparaissaient à une fréquence proche du double.
- Demandez au patient s'il ressent de la fatigue et des gonflements à chaque consultation.
- Ajustez la dose avant que le patient abandonne le traitement.
- Notez les interruptions et les reprises.
- Convenez avec le patient de ce qu'il faut faire face à un effet nouveau.
L'essentiel est que le patient sache qu'il peut et doit signaler les symptômes, au lieu d'arrêter le médicament de lui-même. La réduction de dose, quand elle est bien menée, garde le patient sous traitement.
Plus de 3 ans ?
La recommandation du British Sarcoma Group préconise 3 ans d'imatinib adjuvant pour les patients à haut risque de récidive, à condition que la tumeur ne soit pas probablement résistante, en excluant surtout la mutation D842V de l'exon 18 du PDGFRA (Judson et collaborateurs, 2025). La même recommandation affirme que cette proposition peut changer lorsque les résultats de l'étude SSG XXII, qui a comparé 3 et 5 ans d'adjuvant, seront connus. Prolonger le traitement est une décision individuelle, discutée avec le patient.
Suivi après l'imatinib
La récidive apparaît généralement dans les premières années après l'arrêt de l'imatinib, et non pendant le traitement. C'est pourquoi le suivi par tomodensitométrie abdominale doit être plus rapproché juste après la fin des 3 ans. La recommandation du GEIS rappelle que, même dans les GIST localisés, la récidive métastatique survient chez environ 40 patients sur 100 (Serrano et collaborateurs, 2023).
La récidive peut aussi être la première occasion de revoir le génotype. Si la mutation n'a pas été recherchée sur la pièce d'origine, elle doit être demandée avant tout nouveau traitement. La recommandation espagnole liste aujourd'hui cinq médicaments approuvés pour le GIST : imatinib, sunitinib, régorafénib, riprétinib et avapritinib, ce dernier étant actif contre PDGFRA D842V (Serrano et collaborateurs, 2023).
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Quand l'imatinib précède la chirurgie
Dans les tumeurs volumineuses ou situées à des endroits difficiles, l'imatinib peut être administré avant la chirurgie pour réduire la taille et permettre une opération moins lourde. Dans ce cas, le génotype doit être connu encore plus tôt, sur la biopsie. L'article sur l'imatinib néoadjuvant dans le GIST traite de ce scénario.
Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
Dans NEXO, le cas du jour est fictif, avec une présentation clinique réelle et jusqu'à six indices progressifs, et vous proposez le diagnostic en cherchant le code dans la CIM-10. Le GIST adjuvant est un bon exercice car un même intitulé de compte rendu cache des tumeurs aux comportements opposés, et l'indice décisif est un examen qu'il ne faut pas oublier. L'article sur le diagnostic différentiel montre comment organiser les indices, et l'article sur la prise de décision clinique aide à réfléchir à la valeur de chaque examen.
Trois exercices avec des cas
Changez la mutation. Dites ce qui change si le séquençage montre PDGFRA D842V au lieu d'une délétion dans l'exon 11 de KIT.
Changez la localisation. Dites comment le risque change si la même tumeur se trouvait dans le jéjunum.
Changez la chirurgie. Dites ce que vous feriez si le compte rendu opératoire mentionnait un déversement de contenu tumoral.
L'article sur l'incertitude diagnostique aide dans la conversation sur le risque intermédiaire. Les limites d'usage du jeu sont décrites sur la page d'économie de NEXO. Si vous faites de la recherche sur l'enseignement du raisonnement clinique, la page pour les Researcher explique comment prendre contact. Les professionnels qui écrivent ou révisent des cas trouvent des informations dans Curator et dans Creators, et les institutions peuvent découvrir la proposition sur la page pour les partenariats.
Questions fréquentes
Qui doit recevoir de l'imatinib adjuvant ?
Les patients atteints d'un GIST à haut risque de récidive après résection complète et porteurs d'une mutation sensible à l'imatinib (Joensuu, 2023).
Quelle est la dose et pendant combien de temps ?
Dans l'essai SSGXVIII, 400 mg par voie orale une fois par jour, pendant 3 ans (Joensuu et collaborateurs, 2023). Vérifiez la notice de votre pays.
Pourquoi la mutation doit-elle être recherchée ?
Parce que les tumeurs avec PDGFRA D842V ou sans mutation de KIT et PDGFRA ne répondent pas à l'imatinib, et que le gain le plus important apparaît dans l'exon 11 de KIT (Joensuu et collaborateurs, 2023).
Une mutation dans l'exon 9 impose-t-elle 800 mg ?
Dans le cadre adjuvant, une étude européenne rétrospective n'a pas montré d'avantage de 800 mg sur 400 mg (Vincenzi et collaborateurs, 2022).
Qu'est-ce qui compte comme rupture ?
Fracture ou déversement, ascite sanglante, perforation de la tumeur, infiltration d'un organe voisin, retrait en fragments et biopsie incisionnelle, selon les critères d'Oslo (Nishida et collaborateurs, 2019).
Checklist finale
- J'ai confirmé la résection complète et le diagnostic de GIST.
- J'ai noté la taille, les mitoses, la localisation et la rupture.
- J'ai classé le risque selon un système reconnu.
- J'ai demandé le séquençage de KIT et PDGFRA.
- J'ai exclu PDGFRA D842V et le GIST sans mutation avant d'indiquer l'imatinib.
- J'ai expliqué la durée de 3 ans et les effets attendus.
- J'ai vérifié les interactions médicamenteuses.
- J'ai planifié un suivi plus rapproché après l'arrêt.
Vous voulez pratiquer le raisonnement avec des indices progressifs ? Jouez le cas du jour.
Références
- Iwatsuki M, Harada K, Iwagami S, et al. Neoadjuvant and adjuvant therapy for gastrointestinal stromal tumors. Ann Gastroenterol Surg. 2019. PMID 30697609.
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- Joensuu H, Wardelmann E, Eriksson M, et al. KIT and PDGFRA Mutations and Survival of Gastrointestinal Stromal Tumor Patients Treated with Adjuvant Imatinib in a Randomized Trial. Clin Cancer Res. 2023. PMID 37014660.
- Joensuu H. KIT and PDGFRA Variants and the Survival of Patients with Gastrointestinal Stromal Tumor Treated with Adjuvant Imatinib. Cancers (Basel). 2023. PMID 37568695.
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- Nishida T, Hølmebakk T, Raut CP, et al. Defining Tumor Rupture in Gastrointestinal Stromal Tumor. Ann Surg Oncol. 2019. PMID 30868512.
- Serrano C, Martín-Broto J, Asencio-Pascual JM, et al. 2023 GEIS Guidelines for gastrointestinal stromal tumors. Ther Adv Med Oncol. 2023. PMID 37655207.
- Vincenzi B, Napolitano A, Fiocco M, et al. Adjuvant Imatinib in Patients with GIST Harboring Exon 9 KIT Mutations: Results from a Multi-institutional European Retrospective Study. Clin Cancer Res. 2022. PMID 34615721.
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