
Mines terrestres : lésions, amputation et rééducation

Sommaire
- La blessure qui survit à la guerre
- Pourquoi tant de victimes sont des enfants
- Ce que la surveillance ne raconte pas
- De l'explosion à l'amputation
- L'enfant qui grandit dans la prothèse
- De l'emboîture à la rééducation
- Quand la prothèse reste dans le placard
- Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
- Questions fréquentes
- Messages à retenir
- Références
Dans un cas fictif, un garçon de 11 ans et deux amis trouvent un objet métallique rouillé au bord d'une rizière, dans une région où la guerre s'est terminée avant la naissance de leurs parents. L'objet explose quand l'un d'eux le frappe contre une pierre. Le garçon perd la jambe droite sous le genou. Trois ans plus tard, il revient au centre de réadaptation en boitant : la prothèse est devenue trop courte, l'emboîture serre et l'extrémité du moignon fait mal à chaque pas.
La guerre qui a blessé ce garçon s'est terminée des décennies plus tôt. La mine, la grenade ou la sous-munition restée dans le sol est toujours active, et la victime typique est civile, pauvre et, souvent, un enfant. Ce texte rassemble ce que la surveillance, les séries cliniques et les études menées dans les services de prothèses montrent sur les personnes blessées, sur les raisons pour lesquelles tant de victimes sont des enfants et sur ce qui se passe entre l'amputation et le retour à la vie quotidienne.
Points principaux
- Dans une revue systématique citée dans le Lancet, 22 à 55 pour cent des victimes de mines avaient moins de 18 ans, avec une médiane de 38 pour cent (Bendavid et al., 2021).
- Les registres officiels de santé sous-estiment ces décès : en 2008, les estimations mondiales ont enregistré zéro décès au Laos et au Vietnam, alors que les autorités de lutte contre les mines en ont compté 99 et 36 (Durham et al., 2013).
- Chez l'enfant amputé, le moignon grandit de façon irrégulière, et la prothèse doit être ajustée et remplacée fréquemment tout au long de l'enfance (Ghidini et al., 2025).
- La prothèse remise doit aussi être portée : lors d'une campagne d'adaptation au Cambodge, 81 pour cent des clients ont déclaré peu ou jamais utiliser le nouvel appareil (Heang et al., 2026).
- La blessure qui survit à la guerre
- Pourquoi tant de victimes sont des enfants
- Ce que la surveillance ne raconte pas
- De l'explosion à l'amputation
- L'enfant qui grandit dans la prothèse
- De l'emboîture à la réadaptation
- Quand la prothèse reste au placard
- Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
- Questions fréquentes
- Take-home messages
La blessure qui survit à la guerre
Les mines terrestres sont des engins conçus pour exploser en présence, à proximité ou au contact d'une personne ou d'un véhicule. Les restes explosifs de guerre sont des munitions qui n'ont pas explosé ou qui ont été abandonnées : grenades, mortiers, roquettes, sous-munitions de bombes à fragmentation. Ces deux groupes ont un point commun qui les distingue de presque toutes les autres armes : ils continuent de blesser après le départ des combattants.
Une arme qui attend
Une mine enterrée ne distingue pas un soldat d'un agriculteur, ni la guerre de la paix. Au Cambodge, les autorités de lutte contre les mines ont enregistré 63 815 victimes de mines et de restes explosifs depuis 1979 (Durham et al., 2013). Au Vietnam, l'autorité nationale a recensé 104 701 victimes entre 1975 et 2007, dont 65 852 blessées et 38 849 tuées (Durham et al., 2013). Selon Durham et ses collègues, la majeure partie des décès et des incapacités dus aux mines et aux restes explosifs au Laos, au Cambodge et au Vietnam relève du code Y36.8 de la CIM-10, celui des opérations de guerre survenues après la fin des hostilités (Durham et al., 2013).
Qui marche sur l'engin
La revue systématique citée par Bendavid et ses collègues dans le Lancet conclut que la plupart des blessures par restes de guerre surviennent pendant les tâches économiques du quotidien, comme les déplacements pour aller au travail et les travaux domestiques (Bendavid et al., 2021). La victime est donc rarement un combattant. C'est un civil qui doit retourner aux champs, et qui souvent vit loin de l'hôpital le plus proche.
Le type d'engin change la lésion
Dans l'analyse de Pizzino et ses collègues, tous les autres types d'engins (mine antichar, munition non explosée, autres restes explosifs et engin improvisé) présentaient une probabilité de décès plus élevée que la mine antipersonnel (Pizzino et al., 2026).
La physique de l'onde de choc et la phase hospitalière aiguë sont décrites dans le texte sur le traumatisme par explosion et les lésions qui n'apparaissent pas tout de suite. Ici, l'intérêt porte sur ce qui vient ensuite.
Pourquoi tant de victimes sont des enfants
Les enfants apparaissent en forte proportion dans presque toutes les séries de victimes civiles. Les raisons combinent la curiosité, les tâches domestiques et le fait que les enfants sont rarement seuls.
Ce que montrent les séries
- Dans la revue systématique citée par Bendavid, les enfants de moins de 18 ans représentaient 22 à 55 pour cent des victimes de mines, avec une médiane de 38 pour cent (Bendavid et al., 2021).
- Dans le tableau des études de la revue de Milwood Hargrave, une série rétrospective de surveillance communautaire en Bosnie-Herzégovine, de 1991 à 2000, avec 4064 victimes civiles de mines, apparaît avec 14 pour cent d'enfants (Milwood Hargrave et al., 2019).
La variation entre les pays est grande, et dépend du type d'engin, de la phase du conflit et de qui travaille sur le terrain.
Ce que faisaient les victimes
Dans l'analyse de Pizzino et ses collègues, qui a réuni des victimes de tous âges, l'activité au moment de l'incident a été enregistrée pour la plupart d'entre elles (Pizzino et al., 2026). L'activité la plus fréquente était le conflit actif (24 812 victimes), suivie du déplacement (15 330), de l'agriculture (14 319), de la présence comme spectateur (9880), de la collecte de nourriture, d'eau ou de bois (6999), de la manipulation de l'engin (5026) et du jeu (4867) ; pour 21 197 victimes, l'activité n'a pas été précisée (Pizzino et al., 2026).
Un objet métallique coloré éveille la curiosité, et celui qui le ramasse pour jouer ou le vend expose aussi ceux qui sont à proximité. C'est pourquoi l'éducation sur le risque de manipuler des objets suspects fait partie de l'action contre les mines.
Groupes d'enfants
Pizzino et ses collègues rappellent que les événements explosifs avec des enfants sont souvent des événements à victimes multiples, parce que les enfants jouent ensemble (Pizzino et al., 2026). Une seule détonation peut blesser trois ou quatre frères et sœurs et voisins à la fois, ce qui surcharge le poste de santé local et la famille.
Mourir moins au total, plus dans certaines situations
Dans la plus grande analyse disponible, avec 105 913 victimes de mines et d'autres engins explosifs dans 17 bases de données, chacune d'un pays ou territoire, la létalité était de 31,4 pour cent chez les enfants et de 42,0 pour cent chez les adultes (Pizzino et al., 2026). Dans trois situations, cependant, l'enfant a eu une probabilité de décès plus élevée que l'adulte : pendant la phase de conflit actif (OR 2,72 ; IC 95 2,38 à 3,11), en jouant (OR 1,83 ; IC 95 1,47 à 2,29) et comme spectateur (OR 1,69 ; IC 95 1,48 à 1,94) (Pizzino et al., 2026).
La donnée montre que l'enfant qui survit est très fréquent, et c'est lui qui aura besoin de rééducation pendant des décennies. La réanimation de cet enfant à l'arrivée à l'hôpital est décrite dans le texte sur l'enfant blessé à la guerre.
Ce que la surveillance ne raconte pas
Pour organiser les services de prothèse et de rééducation, il faut savoir combien de personnes ont été blessées, où elles vivent et quel âge elles ont. Les données existent, mais elles sont dispersées entre des secteurs qui communiquent rarement.
Deux systèmes qui ne se parlent pas
Les programmes d'action contre les mines utilisent leur propre base de données, l'Information Management System for Mine Action (IMSMA), qui enregistre les zones dangereuses, les zones déminées et les victimes (Durham et al., 2013). Le système d'information sanitaire, lui, enregistre les données hospitalières et utilise la CIM-10. Les victimes qui meurent sur place ou n'arrivent pas à l'hôpital restent hors des statistiques de santé.
Les chiffres qui ne concordent pas
Durham et ses collègues ont comparé les décès enregistrés par les autorités d'action contre les mines avec les estimations de l'étude Global Burden of Disease, qui utilisent le code Y36 de la CIM-10 (lésions dues à des opérations de guerre) (Durham et al., 2013).
| Pays | Décès en 2004, action contre les mines | Décès en 2004, GBD (Durham et al., 2013) | Décès en 2008, action contre les mines | Décès en 2008, GBD (Durham et al., 2013) |
|---|---|---|---|---|
| Cambodge | 171 | 127 | 47 | 67 |
| Laos | 117 | 60 | 99 | 0 |
| Vietnam | 89 | 30 | 36 | 0 |
Sources : Durham et al., 2013, tableau 1. Comptages absolus des décès par mines et restes explosifs enregistrés par les autorités nationales d'action contre les mines et des décès codés Y36 dans les estimations du Global Burden of Disease (Durham et al., 2013).
En 2008, le GBD a enregistré zéro décès au Laos et au Vietnam, alors que les autorités locales en ont compté 99 et 36. Au Cambodge, la relation s'est inversée cette année-là, ce qui montre que les deux systèmes mesurent des choses différentes, de manières différentes.
Des codes qui cachent la cause
L'IMSMA lui-même a des défauts de classification. Au Laos, en 2004, 294 incidents ont été enregistrés ; dans 47 d'entre eux, la chaleur d'un feu de camp a fait détoner un engin enterré, et la cause a été enregistrée comme incendie (Durham et al., 2013). La recherche bibliographique des auteurs, de 1990 à 2011, n'a trouvé que six études sur la fréquence de ces lésions dans les trois pays.
Pour ceux qui travaillent avec la CIM-10, il faut rappeler qu'elle a un code propre aux lésions dues à des opérations de guerre survenues après la fin des hostilités, le Y36.8, dans la catégorie Y36 (Durham et al., 2013). Choisir le bon code dans le dossier médical est le premier pas pour que la victime apparaisse dans les statistiques.
Relier l'action contre les mines à la santé
Durham et ses collègues ont recommandé d'intégrer les données de l'IMSMA aux systèmes d'information sanitaire (Durham et al., 2013). Une revue de portée plus récente, avec 138 récits d'interventions dans 47 pays, a proposé une chaîne de soins au civil blessé dans laquelle les programmes d'action contre les mines, qui ont déjà des équipes médicales sur le terrain, soutiennent la prise en charge d'urgence locale (Wild et al., 2024). Seuls 39 de ces récits ont mesuré des différences de mortalité (Wild et al., 2024).
Le contrôle du saignement sur place, qui est le maillon le plus immédiat de cette chaîne, est décrit dans le texte sur le contrôle de l'hémorragie sur le terrain, le garrot et MARCH.
De l'explosion à l'amputation
L'amputation traumatique par mine est rarement une coupure nette. Le membre arrive avec des tissus détruits, contaminés par la terre et des fragments, et avec une zone de lésion qui s'étend au-dessus du point visible.
Combien perdent un membre
Dans la revue systématique citée par Bendavid, l'amputation était la blessure la plus fréquente, rapportée chez 20 à 83 pour cent des victimes de mines de tous âges (Bendavid et al., 2021). La fourchette est large parce que les études diffèrent selon le type d'engin et selon qui finit par être enregistré.
Un moignon pensé pour la prothèse
La première chirurgie est souvent faite dans des conditions d'urgence, par des équipes surchargées et avec peu de ressources. Dans une cohorte d'Alep, en Syrie, les auteurs ont attribué les complications du moignon à des amputations réalisées dans ces conditions (Razzouk et al., 2026). Ils ont défendu des protocoles structurés d'amputation, la préservation d'une longueur adéquate du moignon et une prise en charge soigneuse des nerfs.
Pour l'enfant, le choix du niveau a un poids supplémentaire : préserver le cartilage de croissance et le genou peut signifier une vie entière avec une prothèse sous le genou ; chez des adultes cambodgiens, l'usage d'une prothèse au-dessus du genou a été associé à une moins bonne mobilité (Ramstrand et al., 2025).
Quand le moignon a besoin d'une nouvelle chirurgie
Entre 2016 et 2020, 1450 amputés du membre inférieur se sont présentés à la clinique orthopédique du Croissant-Rouge à Alep (Razzouk et al., 2026). Parmi eux, 110 patients, avec 120 moignons transtibiaux, ne pouvaient pas utiliser de prothèse à cause de complications du moignon et ont été réopérés. Les principales indications de révision étaient les éperons osseux (45,8 pour cent) et les névromes symptomatiques (22,5 pour cent) (Razzouk et al., 2026).
La longueur du moignon a prédit le type de problème : les névromes étaient plus fréquents dans les moignons très courts et courts, et l'excès de croissance osseuse, dans les moignons longs et au niveau de Syme. Après la révision, tous ont pu adapter la prothèse, et la réinsertion fonctionnelle a pris en moyenne de 95 à 140 jours (Razzouk et al., 2026).
L'enfant qui grandit dans la prothèse
L'adulte amputé reçoit une prothèse qui, avec des ajustements, peut durer quelques années. L'enfant amputé grandit, et le moignon grandit d'une manière différente du membre de l'autre côté.
Le moignon qui grandit lentement
Dans une étude de 19 enfants cambodgiens avec amputation transtibiale traumatique unilatérale, l'épiphyse proximale du membre amputé a grandi 33,3 pour cent plus lentement que prévu pour une épiphyse sans lésion (Ghidini et al., 2026). Les auteurs ont attribué ce retard à la lésion du cartilage de croissance et à la mécanique altérée du membre. La croissance du moignon a pu être prédite à partir de la croissance du membre de l'autre côté.
Le résultat pratique est une différence de longueur entre les jambes qui augmente avec l'âge, et que la prothèse doit compenser à chaque étape.
Un volume qui change entre les changements
Dans la même étude, la variation de volume du moignon entre une prothèse et la suivante a dépassé le seuil de 10 pour cent, utilisé pour indiquer un changement chez l'adulte, dans plus de 60 pour cent des changements (Ghidini et al., 2026). L'emboîture qui allait bien en janvier peut être serrée ou lâche à la fin de l'année.
L'os qui pousse vers l'extérieur
L'hypercroissance osseuse est la formation anormale d'os nouveau à l'extrémité du moignon. Elle peut causer une douleur intense et empêcher l'utilisation de la prothèse (Ghidini et al., 2025). Les prothésistes interrogés au Cambodge ont décrit un espace supplémentaire à l'extrémité de l'emboîture et des coussinets amovibles comme moyens de gérer la croissance et ce problème.
Un point de vue publié en 2026 a rappelé que les lésions du cartilage de croissance, la différence de longueur entre les membres et la croissance osseuse anormale peuvent nécessiter des révisions chirurgicales répétées, et que chaque révision relance le cycle de rééducation (Ghidini et al., 2026).
Ajustements et changements au rythme de la croissance
L'analyse de 62 dossiers d'enfants porteurs d'une prothèse de membre inférieur au Cambodge, complétée par des entretiens avec des prothésistes, a mesuré les intervalles réels : les ajustements d'emboîture ou de longueur survenaient en moyenne tous les 8,3 mois (écart type de 6,6), et les changements complets pour cause de croissance, tous les 16,4 mois (écart type de 9,9) (Ghidini et al., 2025). La littérature citée par les auteurs recommande des ajustements tous les 3 à 6 mois et des changements tous les 12 à 18 mois.
Les appareils étudiés utilisaient la technologie en polypropylène développée par le Comité international de la Croix-Rouge, la plus disponible dans les endroits à faibles ressources et les zones de conflit (Ghidini et al., 2025). Dans la même série, l'âge moyen à l'amputation acquise était de 10,1 ans, avec un écart type de 4,5 (Ghidini et al., 2025).

De l'emboîture à la rééducation
La prothèse n'est qu'une partie du processus. La rééducation commence avant elle, avec les soins du moignon, la force musculaire et l'équilibre, et se poursuit après, avec l'apprentissage de la marche, le retour à l'école ou au travail et le suivi de la santé mentale.
Les étapes du parcours
Les sources réunies ici décrivent une séquence qui se répète dans de nombreux services : l'amputation avec un soin particulier à la longueur du moignon et aux nerfs, la cicatrisation et la préparation du moignon, le moulage et l'essai de l'emboîture, l'apprentissage de la marche, les retours pour ajustement, réparation et changement, plus fréquents chez l'enfant, et la révision chirurgicale lorsque le moignon empêche l'utilisation de la prothèse.
Une lacune dans la prise en charge de l'enfant
Une enfant sur six dans le monde vit dans une zone touchée par un conflit, selon le point de vue de Ghidini et de ses collègues (Ghidini et al., 2026). Les auteurs affirment que presque aucun des éléments nécessaires à une réponse professionnelle de rééducation pédiatrique en situation de crise n'est opérationnel. Ils préconisent des objectifs de rééducation qui tiennent compte de l'âge, du sexe, du genre et du développement psychosocial.
Comparaison entre les sources
| Source et conception | Qui a été étudié | Critère de jugement | Résultat tel que rapporté |
|---|---|---|---|
| Pizzino 2026, analyse de 17 bases de données de pays ou territoires | 105 913 victimes de tous âges | Létalité par âge | 31,4 chez les enfants et 42,0 chez les adultes (Pizzino et al., 2026) |
| Ghidini 2026, cohorte rétrospective, Cambodge | 19 enfants avec amputation transtibiale traumatique | Croissance de l'épiphyse proximale du moignon | 33,3 plus lente que prévu (Ghidini et al., 2026) |
| Ghidini 2025, dossiers et entretiens, Cambodge | 62 dossiers d'enfants porteurs d'une prothèse | Intervalle entre les ajustements et entre les changements | 8,3 et 16,4 mois en moyenne (Ghidini et al., 2025) |
| Razzouk 2026, cohorte, Alep | 110 patients, 120 moignons transtibiaux révisés | Indication de la révision | Exostose osseuse 45,8 ; névrome 22,5 (Razzouk et al., 2026) |
| Heang 2026, cohorte observationnelle, Cambodge | Clients d'une campagne d'appareillage | Utilisation du nouvel appareil à 3 mois | 81 l'ont peu ou jamais utilisé (253 sur 313) |
| Dickinson 2025, étude rétrospective, Cambodge | 14 822 livraisons pour 6986 clients | Délai jusqu'à la réparation et jusqu'au changement | Médianes de 237 et 727 jours |
Sources : Pizzino et al., 2026 ; Ghidini et al., 2026 ; Ghidini et al., 2025 ; Razzouk et al., 2026 ; Heang et al., 2026 ; Dickinson et al., 2025. Proportions du tableau en pourcentage, sauf les effectifs, les mois et les jours (Heang et al., 2026 ; Dickinson et al., 2025).
Retour au cas
Le garçon du cas fictif avait gardé la même prothèse pendant trois ans, plus que l'intervalle moyen de 16,4 mois entre deux changements observé chez les enfants cambodgiens (Ghidini et al., 2025). La jambe artificielle était devenue trop courte parce que le membre de l'autre côté avait grandi, et l'emboîture serrait parce que le volume du moignon avait changé. La douleur à l'extrémité a conduit à une radiographie, qui a montré une croissance osseuse excessive. L'équipe a indiqué une révision chirurgicale du moignon, une nouvelle emboîture avec de l'espace à l'extrémité et des retours plus rapprochés, organisés avec l'école pour qu'il perde le moins de cours possible.
Quand la prothèse reste dans le placard
Livrer une prothèse n'est pas la même chose que rendre la mobilité. Des études de services au Cambodge, l'un des pays les plus contaminés par les mines, montrent où le parcours se perd.
Une campagne intensive qui n'a pas convaincu
Lors d'une campagne intensive d'adaptation menée par une organisation internationale au Cambodge, de nombreuses prothèses ne répondaient pas aux normes de la Société internationale de prothèses et orthèses (Heang et al., 2026). À la sortie, les clients ont signalé leur insatisfaction vis-à-vis de la qualité du travail (33 pour cent ; 175 sur 525), de l'ajustement (57 pour cent ; 297 sur 525) et de la fonction (26 pour cent ; 139 sur 525) (Heang et al., 2026).
Lors du contact téléphonique après 3 mois :
- 36 pour cent (115 sur 321) ont signalé une gêne ou une douleur (Heang et al., 2026) ;
- 78 pour cent (238 sur 305) préféraient, à l'avenir, un appareil fabriqué dans leur propre pays (Heang et al., 2026) ;
- 81 pour cent (253 sur 313) utilisaient peu, rarement ou jamais le nouvel appareil (Heang et al., 2026) ;
- au moins 29 pour cent (93 sur 321) continuaient à utiliser un ancien appareil qu'ils avaient eux-mêmes décrit comme cassé, douloureux ou mal ajusté (Heang et al., 2026).
Réparations, changements et ceux qui reviennent plus tôt
Une étude portant sur trois décennies de données de routine au Cambodge a réuni 14 822 livraisons d'appareils à 6986 clients et 22 878 réparations (Dickinson et al., 2025). La médiane du délai jusqu'à la première réparation était de 237 jours, et jusqu'au changement, de 727 jours. Les appareils utilisés par des enfants et par des personnes exerçant des activités plus intenses ont été changés plus tôt, et les changements dus à une modification du volume du moignon ont eu lieu avant les changements dus à l'usure (Dickinson et al., 2025).
Les auteurs rappellent qu'un changement rapide peut indiquer une mauvaise qualité ou, au contraire, un appareil si bien ajusté qu'il a été très utilisé. Les données de routine servent surtout à montrer quels groupes sont mal pris en charge.

Mobilité et santé mentale
Dans une enquête menée auprès de 347 adultes utilisateurs d'une prothèse de membre inférieur dans trois centres urbains et ruraux du Cambodge, la mobilité était moins bonne chez les femmes, chez les amputés pour maladie vasculaire, chez les utilisateurs d'une prothèse au-dessus du genou et chez ceux qui signalaient plus de souffrance psychologique (Ramstrand et al., 2025). Les auteurs ont suggéré des interventions destinées aux femmes et des soins de santé mentale pour les personnes souffrant d'anxiété et de dépression.
Durham et ses collègues décrivent aussi, chez les survivants, une douleur chronique, une exclusion sociale, une souffrance psychologique et des dépenses de santé qui peuvent appauvrir la famille (Durham et al., 2013).
La prothèse au fil de l'histoire
La prothèse de membre inférieur est une technologie ancienne. La technologie d'assistance, au sens large, comprend aussi les moyens qui permettent aux professionnels en situation de handicap de continuer à travailler, comme décrit dans le texte sur la technologie d'assistance pour les médecins déficients visuels.

D'autres menaces sur le même territoire
Les régions contaminées par les mines sont souvent celles qui ont perdu leurs hôpitaux, la vaccination et l'assainissement. Les attaques contre les établissements de santé et les épidémies de guerre sont décrites dans les textes sur les attaques contre les services de santé dans les conflits armés et sur le choléra, la rougeole et la malnutrition dans les conflits armés. Pour la contamination radiologique, il y a le texte sur la bombe sale, le triage et la décontamination.
Comment NEXO aide à entraîner ce raisonnement
Dans NEXO, le cas du jour est fictif, avec une présentation clinique réelle et jusqu'à six indices progressifs, et vous proposez le diagnostic en cherchant le code dans la CIM-10. Reconnaître que la douleur du moignon d'un enfant amputé peut venir de la croissance osseuse, et pas seulement d'un emboîtement trop serré, c'est le même exercice qui consiste à réunir des indices et à réviser l'hypothèse, celui qui apparaît dans le texte sur l'enfant qui s'aggrave et les scores d'alerte pédiatriques.
Les limites d'usage du jeu sont décrites sur la page d'Économie de NEXO. Si vous faites de la recherche sur l'enseignement du raisonnement clinique, la page pour les Researcher explique comment prendre contact. Les professionnels qui écrivent ou révisent des cas trouvent des informations dans Curator et dans Creators, et les institutions peuvent découvrir la proposition sur la page pour les partenariats.
Questions fréquentes
Pourquoi les mines continuent-elles de blesser après la fin de la guerre ?
Parce qu'elles restent enterrées et actives pendant des décennies. Au Cambodge, les autorités de lutte contre les mines ont enregistré 63 815 victimes depuis 1979, dont beaucoup après la fin des hostilités (Durham et al., 2013).
Pourquoi les enfants sont-ils si touchés ?
Ils jouent ensemble, ramassent des objets et aident aux champs et à la maison. Dans une revue systématique citée dans le Lancet, 22 à 55 pour cent des victimes de mines avaient moins de 18 ans (Bendavid et al., 2021). Les événements impliquant des enfants font souvent plusieurs victimes à la fois (Pizzino et al., 2026).
L'enfant meurt-il plus que l'adulte après l'explosion d'une mine ?
Au total, il meurt moins : la létalité a été de 31,4 pour cent chez les enfants et de 42,0 pour cent chez les adultes (Pizzino et al., 2026). Pendant le conflit actif, en jouant ou comme spectateur, la probabilité de décès de l'enfant a toutefois été plus élevée.
À quelle fréquence la prothèse d'un enfant doit-elle être changée ?
Au Cambodge, les changements liés à la croissance ont eu lieu en moyenne tous les 16,4 mois, et les ajustements tous les 8,3 mois (Ghidini et al., 2025). Chaque enfant a son rythme, et le suivi doit accompagner la croissance.
Messages à retenir
- Les mines et les restes explosifs blessent des civils des décennies après la fin du conflit, surtout pendant les activités de subsistance et les jeux.
- Les enfants constituent une grande partie des victimes et, dans certaines situations, ont une probabilité de décès plus élevée que celle des adultes.
- Les systèmes de santé et de lutte contre les mines comptent les victimes de manières différentes, et il est nécessaire de les intégrer pour organiser la réadaptation.
- Chez l'enfant amputé, le moignon grandit de façon irrégulière, et la prothèse exige des ajustements, des changements et parfois une nouvelle chirurgie tout au long de l'enfance.
- Remettre la prothèse n'est qu'une étape : la qualité, l'ajustement, la douleur et la santé mentale décident si elle sera utilisée.
Jouez le cas du jour dans NEXO et entraînez votre raisonnement avec des indices progressifs.
Références
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